RIOBAMBA, SAN FRANCISCO DE CUNUGUACHAY, LE MUSÉE DES LAMAS ET LE CHIMBORAZO (du 01/08/2016 au 04/08/2016)

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Après avoir renouvelé au jour le jour ma réservation à l’auberge de Latacunga, je me décide à prendre la route pour Riobamba. A priori, la ville n’a pas grand intérêt, mais elle permet d’accéder facilement à plusieurs points d’attraction du pays, notamment au plus haut volcan d’Equateur, le Chimborazo.
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J’ai réservé une nuit dans un hôtel au coeur de la ville, mais mon intention est de rejoindre un petit village situé à 20 minutes de voiture : San Francisco de Cunuguachay.
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Je profite donc de mon après-midi pour faire un tour du centre ville et je me renseigne auprès du réceptionniste sur la manière la plus simple de me rendre à San Francisco. Il ne connaît pas, mais après avoir regardé sur Internet, il me conseille de prendre un taxi et de ne pas payer plus de 8 dollars. C’est conforme à ce que j’ai pu lire un peu partout (guide, blogs, autres sites internet) : autant pour le prix que pour la méconnaissance du village.
Il y a également l’option bus et marche à pied, avec la possibilité de faire du stop, mais je ne me sens pas prête…
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Le lendemain, j’intercepte  un taxi en sortant de l’hôtel et je ne suis pas surprise qu’il ne sache pas où se trouve San Francisco de Cunuguachay. Mais j’ai des indications très précises et après les avoir lues, il m’annonce un prix de 8 dollars. Tout va bien.
Après quelques arrêts sur le chemin pour demander aux habitants si les indications sont bonnes, nous arrivons à destination. Et là, le prix à changé : il me réclame 20 dollars ! Je refuse. Suzanna, la personne qui s’occupe de l’entretien de la Casa de la Cultura, où je vais loger, vient à mon secours. Le ton monte. Je donne un billet de 10 dollars au chauffeur et me dépêche de récupérer mon sac dans le coffre, de peur qu’il ne parte avec. Toujours mécontent, il parlemente avec Suzanna, qui lui dit de partir. Nous n’attendons pas, nous tournons les talons et rentrons dans la maison.
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J’ai décidé de venir ici parce-que j’avais envie de changer un peu de type de voyage et l’Equateur est un pays qui développe beaucoup l’écotourisme ou le tourisme rural. En lisant le guide du routard et en navigant sur internet, j’ai découvert l’association Ahuana (http://www.ahuana.com), qui ‘soutient les projets d’économie solidaire des populations indigènes andines de la paroisse de Calpi, afin de limiter l’exode rural dû à l’accroissement de la pauvreté dans les villages’, dont une fabrique de confiture à base de carottes et l’hébergement à la Casa de La Culture de San Francisco de Cunuguachay. Et m’y voilà !
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Après un tour du propriétaire, je m’attarde dans la salle à manger où sont présentées les activités réalisables dans le coin, au sein de la communauté ou ailleurs (musée du lama à Palacio Real, randonnée pédestre ou équestre pour aller voir les ‘hieleros’ (casseurs de glace), tour au Chimborazo, musée de la montagne dans un autre village, fabrication des confitures…).
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Apres avoir tenté ma chance avec les confitures, qui finalement ne sont pas fabriquées en ce moment, je décide de profiter de l’après-midi pour aller visiter le musée du lama et faire une promenade au sein du village voisin de Palacio Real. Suzanna téléphone donc pour savoir s’il est possible d’ouvrir le musée et si une personne est disponible pour se balader avec moi… et un lama.
Il s’agit là d’un autre projet poussé par l’association, tout autour du lama : un musée ; un restaurant où l’on peut goûter à la viande de lama ; des promenades de 1 à 3 heures accompagnées de l’une des femmes travaillant sur le projet et de lama(s) ; une petite boutique où il est possible d’acheter gants, écharpes, bonnets, ponchos, châles, pulls réalisés par ces mêmes femmes. A priori, tout est réalisé à base de laine de mouton, mais surtout de lama ou d’alpaga, dont la laine a été prélevée (une fois par an seulement) sur les lamas du village et filée en pelotes par ces mêmes femmes. Une nouvelle activité devrait voir le jour autour de la lama-thérapie, mais je ne peux pas vous en dire plus.
Après un tour rapide au tout petit musée où j’apprends plein de choses sur les camélidés d’Amérique du Sud, nous sommes sur le point de démarrer la promenade avec un lama adulte et son bébé de quelques mois, lorsqu’un couple arrive. La dame qui m’accompagne (dont j’ai honteusement oublié le nom) leur propose de prendre rapidement une photo avec les lamas. La femme du couple se précipite un peu trop et surtout trop près du lama et, pour mon plus grand amusement (oups… 😊) se fait cracher dessus.
Après ce petit divertissement, nous partons pour une heure* (ou plus), en direction d’une ancienne hacienda où aurait dormi Simon Bolivar**, et dont le jardin est rempli de plantes médicinales. Vraiment intéressant ce petit cours d’espagnol intensif !
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A mon retour, à la Casa, je fais connaissance avec un couple suisse francophone, puis un deuxième, voyageant via la même agence. Après le repas pris à la grande table de la pièce principale, nous profitons d’un feu de cheminée bien agréable,  posés dans les fauteuils du salon. Nous sommes à environ 3200 mètres d’altitude et dès que le soleil s’est couché, le froid nous a envahi.
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Le lendemain matin, j’ai décidé de me rendre au volcan Chimborazo (6263 mètres), pour aller du premier au deuxième refuge.
L’option économique consiste à faire du stop pour rejoindre un premier village, puis prendre un bus jusqu’à l’entrée du parc national, et enfin, soit marcher les 8 kilomètres de piste sablonneuse en mangeant la poussière levée par chaque voiture de touristes ou taxi qui passe, soit justement, se faire transporter par l’une de ces voitures.
La méthode coûteuse consiste à prendre un taxi depuis la Casa de La Cultura, se faire conduire jusqu’au premier refuge, et retrouver le même taxi qui patiente pendant l’ascension, pour le trajet du retour.
Je me suis levée suffisamment tôt pour choisir la première option, mais à force de papotage, le temps a passé et je finis par me décider pour le taxi. Après coup, de mon point de vue, c’est non seulement l’option coûteuse, mais c’est surtout l’option feignasse. Parce qu’arriver au premier refuge du Chimborazo, à 4800 mètres d’altitude, il ne reste que 200 mètres de dénivelé, sur un sentier progressant lentement et très bien entretenu, pour atteindre le deuxième refuge, situé donc à 5000 mètres. La panneau indique 45 minutes pour la montée. Toutefois, sans lambiner, mais sans m’essouffler non plus, en 20 minutes j’avais atteint mon but de la journée. Un peu déçue, mais contente malgré tout. J’ai poussé jusqu’à une petite lagune qui se situe à 5100 mètres. J’ai patienté désespérément, attendant que des personnes se poussent pour faire une photo, mais j’ai craqué avant elles. Le taxi m’attendant, je n’avais pas le temps de me poser vraiment.
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Il est possible de faire l’ascension jusqu’au sommet du Chimborazo, mais il faut absolument être accompagné d’un guide, être acclimaté à l’altitude, démarrer au milieu de la nuit et ne pas rechigner à enfiler les crampons et à avancer en cordée. Pas sûre que ce soit pour moi. En tout cas, pas pour cette fois-ci.
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Avec tout cela, il est encore tôt quand je termine et je demande au taxi de me déposer au musée du lama. Enfin, plus exactement au restaurant. Je sais qu’il fonctionne ce midi, car l’un des couples rencontrés la veille y déjeune. Après une petite blague du chauffeur qui accepte moyennant 5 dollars en plus, je rigole et je lui demande de me ramener à la Casa. Je peux marcher 20 minutes ! Mais finalement, il prend la route qui bifurque vers Palacio Real et me dépose gentillement devant le restaurant. A priori, c’était bien une plaisanterie.
Et donc, ce midi, je goûte au ragoût de lama. Désolée pour les âmes sensibles, mais après tout, j’ai déjà goûté à l’alpaga au Pérou.
Je partage l’après-midi avec Suzanna, sa fille et Julianne, une française qui réalise son stage de BTS ici, en créant le topoguide d’une randonnée de 3 jours avec des lamas. Au programme, encore une fois papotages, dessins et découpe des fruits pour le dessert du soir. Un peu comme à la maison.
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Mon programme du 3ème jour est un peu différent : j’ai un rendez-vous téléphonique à 10 heures. Je suis donc bloquée pour la matinée. Mais je me rattrape après le déjeuner en partant me promener avec Carlos, un bénévole français qui aide à la construction d’un chemin pour les animaux dans un village voisin. Nous grimpons sur les crêtes au dessus du village. La journée est ensoleillée et une fois passées les quelques maisons du village et leurs chiens agressifs, c’est un vrai plaisir de profiter de la vue et d’essayer de repérer la Casa de La Cultura. Sur le retour, on a même presque droit à un Chimborazo totalement dégagé des nuages qui s’agripent généralement à son sommet.
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La soirée est à nouveau partagée autour de la table de la pièce principale, avec, cette fois-ci, 3 bénévoles français effectuant leur service civique auprès des scouts pour l’une et de France bénévolat, me semble-t-il, pour les deux autres. Elles sont en vadrouille pour 2 jours, pour faire le point sur les missions en cours et rencontrer les bénévoles qui y participent.
Un très bon moment pour clôturer mon court séjour à San Francisco de Cunuguachay.
Ah, encore une dernière chose : pour les confitures, je n’ai pas pu participer à la confection, mais j’ai eu l’occasion de tester ‘carotte – fruits de la passion’, ‘carotte – fraise’ (ma préférée) et ‘carotte – goyave’ lors des petits déjeuners et elles sont délicieuses. Malheureusement, les pots en verre sont trop lourds pour mon dos, sinon, j’en aurais ramené ! (Achat possible à la Casa de la Cultura).
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* 3 promenades sont proposées : celle que j’ai realisée : une heure vers une ancienne hacienda ; une heure sur une route qui permet d’observer les volcans environnants (intéressante si le ciel est dégagé) ; trois heures dans les alentours avec narration d’une légende (enfin, si j’ai bien compris et en recoupant les informations dont je dispose)
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** Simon Bolivar (1783-1830) : militaire et politique, surnommé El Libertador, ayant participé activement à l’indépendance des pays d’Amérique du Sud.

ABEL TASMAN COAST TRACK (du 20/01/2016 au 23/01/2016)

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Cela fait déjà quelques jours que je vous parle de l’Abel Tasman Coast Track. Ça doit devenir lassant.
Oui, mais une randonnée seule, ‘en autonomie’ ça se prépare.
Quand je dis ‘en autonomie’, ça ne veut pas dire que les conditions seront extrêmes, que je ne croiserai personne, que je devrai manger des insectes ou filtrer l’eau d’une marre de boue. Cela signifie juste qu’il faut que j’emmène de quoi dormir et de quoi manger.
Et non, il ne s’agit pas non plus d’emmener uniquement un pyjama et 2 barres de céréales…

Pourquoi ce sentier ?
D’abord parce que c’est une des ‘great walks’ de Nouvelle-Zélande.
Ensuite, parce qu’il est réputé magnifique.
Et enfin, parce qu’il est classé ‘facile’, et pour une première fois toute seule avec tout le matériel, je trouvais que c’était une bonne idée de rester dans le facile.

Pourquoi en tente alors qu’il y a des ‘refuges’ le long du sentier ?
Parce qu’il faut réserver à l’avance et que pour certaines nuits, il n’y avait plus de places dans les ‘refuges’. Alors, tant qu’à porter la tente, autant l’utiliser toutes les nuits.

Pourquoi porter ma nourriture ?
Parce qu’il n’y a pas de sherpa  (ni porteur, ni supermarché) et qu’il faut bien que je me nourrisse matin, midi et soir.

D’un point de vue pratique, cela donne un sac d’environ 15kg au départ (je n’ai rien pour peser, c’est une estimation), avec :

  • Une tente, un matelas, un duvet et un ‘drap de sac’, 1 t-shirt pour dormir,
  • Un brûleur à gaz et une petit bouteille de gaz, un ensemble de 2 petites casseroles, un bol et un verre rétractables, fourchette, couteau, cuillère en plastique, un couteau suisse,
  • 4 portions de soupe en sachet, 3 portions de nouilles chinoises avec assaisonnement, 3 pommes, 2 bananes, des céréales,  sachets de thé, 6 barres de céréales,  des fruits secs (amandes, bananes, abricots), 2 sandwichs,
  • Une paire de sandales, une paire de chaussures de marche,
  • Un pantalon de marche, un legging, un short, une polaire, une veste imperméable, un t-shirt, 2 paires de chaussettes, des sous vêtements, un maillot de bain, une serviette et mon éternel paréo,
  • Le minimum côté trousse de toilette : des lingettes – parce que normalement il n’y a pas de douche, mais comme j’ai cru comprendre qu’il y en avait quand même par endroit, je prends mes feuilles de savon biodégradable – brosse à dents, dentifrice (et zut ! Je viens de démarrer un nouveau tube), deo, crème…
  • Les petits à côté : allumettes, pastilles pour traiter l’eau, bandeau, bonnet, appareil photos, livre électronique, pansements…
  • Les gros à côté : c’est le problème,  quand je laisse ma voiture sur un parking, je ne veux pas laisser ce qui a de la valeur dedans. Donc, j’emmène avec moi ma tablette et mon téléphone. Ça, c’est du superflu qui pèse pas loin d’1kg.

Itinéraire : vous le découvrirez en lisant la suite, mais en raison des horaires des marées, la personne du DOC qui m’a aidée à planifier mon itinéraire m’a conseillée de démarrer par le nord, puis de revenir sur mes pas et de  rejoindre le sud.

Voilà pour l’organisation. Passons maintenant aux choses sérieuses. C’est parti pour 4 jours de marche !

Jour 1
Il est 9h et je monte dans le water taxi qui doit m’emmener à mon point de départ.
Je m’attends à une traversée directe, mais en fait, j’ai le droit (comme toutes les autres personnes à bord) à un tour détaillé de la côte : Big Apple Rock, les otaries, les oiseaux, les plages, … Je découvre le panorama de mes prochains jours. J’en prends déjà plein la vue.
Bon, ce n’est pas le tout, mais on approche des 11h et le bateau me dépose sur la plage de Totaranui.
Je repère le chemin, je lace mes chaussures, je charge mon sac sur mon dos et ‘en avant’ ! (comme ce n’est pas un match de rugby, j’ai le droit – désolée pour cette mauvaise blague)
J’avance vers le nord tout au long de la journée dans un décor qui oscille entre forêt tropicale – avec toujours, ces fougères arborescentes que je trouve magnifiques – et plages à la couleur jaune et à l’eau superbement bleue, qui donnent envie de se baigner.
Le bruit des oiseaux, le bruit de la mer. C’est tellement relaxant.
Un arrêt pique-nique dans un tel décor, ça n’a pas de prix.
Je suis surprise par ma vitesse, ou plutôt par ma lenteur. D’habitude, les temps de marche indiqués me semblent surévalués, mais aujourd’hui, j’avance comme un escargot.
Ah bah oui ! Mais je fais des pauses photos tous les 10 mètres et surtout, tel l’escargot, je porte ma maison sur mon dos.
Ceci dit, il est encore tôt quand j’arrive au camping et j’ai tout le loisir de choisir où planter ma tente.
Je prends même le temps d’une petite sieste, de lire mon livre, … que ça fait du bien.
Et ce soir pour le dîner,  c’est soupe en sachet et pâtes chinoises.
Je m’éloigne quelques instants pour aller vider l’eau des pâtes et quand je reviens, un weka, oiseau gourmand, voleur et qui ne vole pas (avec ses ailes), à tenté de me dérober ma soupe. Mais, eh eh, je l’avais terminée…

Bilan des la journée :
Camp de depart : Totaranui
Camp d’arrivée : Whariwharangi
Nombre de km : 10 km
Nombre d’heures de marche : 3h
Question existentielle : mais à quel moment ai-je décidé de ne pas prendre mes bâtons de marche, qui m’auraient aidé à me redresser malgré le poid du sac ?

Jour 2 :
Réveil matinal ou presque, car aujourd’hui, j’ai 2 challenges en perspective : une grosse journée de marche et arriver à temps à Awaroa pour passer à marée basse, seule possibilité pour traverser la baie. Sinon ? Eh bien, je reste bloquée et je suis obligée d’attendre la prochaine marée basse.
Petit déjeuner,  pliage de tente, et hop, 15mn d’avance sur le planning que je m’étais fixé.
Au premier campement que je croise, je papote avec une dame qui m’offre une tasse de thé et des myrtilles séchées pendant que sa fille prend son petit déjeuner. 20 minutes plus tard, je repars, avec toujours en tête l’horaire de la marée.
Les paysages sont toujours magnifiques. Du vert, du jaune, du bleu.
Je commence à prendre conscience qu’en bas de chaque descente il y a une plage à traverser et qu’au bout de chaque plage traversée, il y a… une côte qui ramène dans la forêt. C’est assez logique ceci dit.
Les sensations sont les mêmes qu’hier, toujours à l’écoute des oiseaux et du bruit des vagues ; au détour d’un sentier, une superbe vue qui surplombe une baie, puis une autre, puis une autre.
J’arrive à Awaroa et là… je peux traverser ! La marée est basse. Bon, ceci dit, le vrai créneau pour traverser c’est  1h30 avant et 2h00 après le point de marée basse. J’avais une bonne marge.
Petite hésitation sur un sentier, je choisis la première option qui se présente et les 2 allemands que je viens de croiser font demi-tour pour chercher l’option la plus courte. A l’arrivée, ils sont derrière, mais ils ont pris le temps de se poser…
Ce soir, j’installe ma tente dans un campement en bord de  plage.
Enfin, il n’est que 15h30, mais après une pause déjeuner avec les 2 allemands, je m’excuse, je finis de planter ma tente et je vais faire une sieste bien méritée.
Et ce soir pour le dîner,  c’est soupe en sachet et pâtes chinoises. (oui, oui, comme hier et comme demain).

Bilan des la journée :
Camp de depart : Whariwharangi
Camp d’arrivée : Onetahuti Bay
Nombre de km : 24 km
Nombre d’heures de marche : 7h15

Jour 3 :
Aujourd’hui, mon corps et mon cerveau ne se réveillent pas. Je démarre lentement ma journée, et ça tombe bien, parce que j’ai le temps.
Quand je me mets enfin en route, c’est encore une fois pour passer par une superbe forêt. Désolée, je ne peux pas vous faire partager les odeurs, mais c’est également un régal.
Excepté qu’au bout de quelques heures de marche, je me sens comme poursuivie par une odeur étrange. Quelque chose qui ne colle pas avec la nature environnante.
Une odeur que je connais, mais que je n’identifie pas…
Ah ça y est, je l’ai : c’est l’odeur de la banane qui commence à s’écraser dans mon sac.
Petite leçon pour plus tard : si tu emmènes des bananes avec toi en randonnée,  mets les dans une boîte assez rigide.
Je prends toujours autant de plaisir dans cette randonnée, mais aujourd’hui, il fait vraiment tres chaud et je sens que mon corps fatigue. Je regrette mes bâtons.
J’attends même 1h que la marée commence à descendre pour pouvoir passer par le chemin le plus court, alors qu’il existe un itinéraire ‘marée haute’ qui offre, a priori, quelques beaux points de vue.
J’arrive donc très tôt au camping.
Ça me laisse le temps, pour quelques baignades, étirements sur la plage, discussion avec un couple de français, et même… une bonne douche sur la plage. Je savais que c’était une bonne idée d’emmener mes feuilles de savon.
Le bonheur d’une douche, même froide… c’est un pur moment de bien-être.
Je ne vous détaille pas le menu de ce soir, vous le connaissez déjà.

Bilan des la journée :
Camp de depart : Onetahuti Bay
Camp d’arrivée : Anchorage
Nombre de km : 15 km
Nombre d’heures de marche : 4h30 (dont une heure d’attente)

Jour 4 :
Dernier jour. Ça donne des ailes. Mon sac et moi ne formons plus qu’un, je ne sens plus son poids.
Après avoir profité une dernière fois du paysage de la plage, je prends l’ascension de la seule vraie côte du parcours du jour. Facile…
Je croise le couple de français avec qui j’ai discuté la veille. De discussion en discussion, nous poursuivons le chemin ensemble.
Cela change beaucoup de choses de marcher à plusieurs. C’est entraînant,  on ne voit pas le temps passer. Mais en même temps, on prend moins conscience de tout ce qui nous entoure.
Mais je n’ai aucun regret, car c’était un moment vraiment sympa. Et ça m’a permis de trinquer à l’arrivée !
Quand je les quitte pour rejoindre ma voiture, j’ai l’impression de les connaître depuis toujours.

Bilan des la journée :
Camp de depart : Anchorage
Camp d’arrivée : Marahau
Nombre de km : 12,5 km
Nombre d’heures de marche : 3h30

Et voilà une belle randonnée qui se termine. Une première pour moi.
Si c’était à refaire ? Je signe, mais je prends mes bâtons !