SUR LE DÉPART – Un dernier retour à San José, puis destination Lima (le 09/04/2016 et le 10/04/2016)

Ça y est, aujourd’hui, je ne peux plus repousser, il faut que je retourne à San José.
J’ai opté pour un ‘transport collectif privé’ (avec TransNica). Le passage à la frontière nicaraguéenne est centralisé par la compagnie. Pas le passage à la frontière costaricienne, qui a pris une bonne heure et demi.
C’est au bout de 9h de trajet, passage de la douane inclus, que j’arrive à San José, fatiguée par mon réveil matinal (5h). Un dernier tour en ville et la soirée est déjà là.
Demain, retour dans l’hémisphère Sud. Direction le Pérou  où j’atterris à Lima en début de soirée. Et c’est parti pour de nouvelles découvertes !

SAN JUAN DEL SUR (le 08/04/2016)

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J’étais sensée retourner à San José aujourd’hui, pour me laisser une journée de battement avant de reprendre l’avion pour ma prochaine destination. Mais finalement, je n’ai pas envie de quitter le Nicaragua. Alors je prolonge par une journée à San Juan Del Sur, station balnéaire sur la côte Pacifique.
Attention, mer froide ! Mais c’est très agréable par le temps qu’il fait.
Je n’ai pas assez de temps pour profiter de tout ce qu’offre San Juan, comme la plongée, le surf (on est d’accord, ce n’est pas une question de temps), ses restaurants de bord de mer,… mais cela me permet d’avoir un aperçu du coin.

OMETEPE (du 03/04/2016 au 07/04/2016)

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Ometepe, une île qui héberge 2 volcans sur le lac Nicaragua. Une île au milieu d’un lac tellement grand que par endroit on ne voit pas les rives du ‘continent’ et que les vagues qui se forment à la surface se terminent parfois en petits rouleaux. Une île à visiter entre ascensions et balades en bord de plage.

Je fais le trajet depuis Granada avec Julien, rencontré la veille lors de la sortie au volcan Massaya. Après un trajet en bus et en taxi, nous montons à bord d’un petit bateau.
La plupart des gens semblent endormis alors qu’au premier aperçu de l’île,  nous nous extasions devant le volcan Conception qui se dessine derrière la brume (de chaleur).
A la descente du bateau, devant nous, une grande rue bordée de drapeaux colorés qui flottent dans le vent. Nous prenons à gauche et, après quelques renseignements, nous trouvons l’hébergement que j’avais réservé. Cette fois, j’ai opté pour une ‘chambre chez l’habitant’ et comme il reste de la place, Julien s’installe également à la Casa Mauro. L’accueil est très agréable, les chambres sympas et les hamacs installés dans le jardin avaient déjà attirés mon attention dans le descriptif de la maison.

Une petite balade nous permet de découvrir les environs et nous laisse le temps de décider du programme du lendemain : ce sera l’ascension du volcan Conception.

Départ par le bus de 7h15, après un petit déjeuner matinal préparé par Massiel, la femme de Mauro, nos hôtes.
Marco, un cousin de la famille, sera notre guide pour la journée.
Un départ rapide, trop rapide, sous les nuages, a raison de mon énergie, et très vite je sens que la journée va être difficile pour moi. Alors je vous en épargne les détails (ou je m’épargne de revivre ces moments pénibles) pour ne garder que l’essentiel et le meilleur de cette journée, parce qu’au final, c’était quand même une super journée : l’observation de quelques singes et oiseaux sur la première partie du chemin ; au mirador, une vue partielle sur une ancienne coulée de lave, lors de l’ascension et totalement dégagée à la descente ; l’arrivée au sommet, complètement bouché et venteux, mais sommet quand même ; la descente aidée de 2 bâtons de bois que Julien a réussi à récupérer auprès de marcheurs avec qui nous finirons la descente ; le ciel qui se dégage et laisse apparaître un panorama magnifique sur la vallée et sur le cône parfait du volcan ; …
Un dénivelé positif (puis négatif) d’environ 1500 mètres et 9 heures de marche plus tard (ou presque parce que ce temps inclus le pique-nique du déjeuner), et c’est le moment bien méritée d’une bonne douche et d’une petite bière dans l’un des hamacs du jardin, épuisée, mais ravie de la journée.
Par contre, demain, c’est repos !

Après un petit déjeuner ‘en ville’ accompagnés de Duke, le chien de la maison, nous louons un scooter pour parcourir une partie de l’île. Nous étions plus ambitieux que cela et pensions en faire tout le tour, mais nous avons préféré profiter d’un arrêt pour grignoter et boire un jus de fruit fraîchement pressé, tout en observant les hommes du village en pleine concentration devant le match ‘Barcelone – Atletico Madrid’, d’une balade à la lagune de Chaco Verde avec bain de boue non prévu sur une partie de la lagune pas tant asséchée qu’elle n’y paraissait et d’une bonne baignade sur la plage de Santo Domingo, dans l’eau chaude du lac Nicaragua.

Le plein d’énergie refait, le lendemain je suis partante pour l’ascension du deuxième volcan de l’île, le Maderas, réputé plus facile. Mais cette fois-ci, pas de guide et une allure plus modérée dès le départ.
Une heure et demi de scooter, dont 30 minutes de piste, et nous voilà au pied du volcan, où un commerçant nous propose gentillement de garder le scooter.
Quelques minutes de marche, nous rattrapons les 2 personnes devant nous. Des locaux. Après les politesses d’usage, s’ensuit la discussion suivante :
– Eux : ‘Et vous allez où ?’
– Nous : ‘Au sommet du volcan Maderas.’
– Eux : ‘Sans guide ?’
– Nous : ‘Oui, sans guide.’
– Eux : ‘Eh ben, ce n’est pas par là…’
Ah… c’était une bonne chose que  nous les croisions. Demi-tour et cette fois, plus de problème d’itinéraire, même si, à l’approche du sommet, j’émets quelques doutes. Surtout quand le chemin devient extrêmement boueux et parsemé d’obstacles tels que des arbres couchés en travers ou des racines à escalader pour grimper à ‘l’étage supérieur’. Jusqu’à ce que nous croisions un groupe qui nous indique que nous sommes à 1 minute de l’arrivée. Et là, c’est magnifique. D’un côté, nous pouvons observer le cratère rempli d’eau et dans lequel il est possible de se baigner, et de l’autre, une vue superbe sur le lac et la vallée. Cela aurait été dommage de ne pas venir jusque là.
Et comme j’effectue la descente sans problème et à un bon rythme, nous avons même un peu de temps pour une baignade.

Et pour le dernier jour, ce sera balade dans une plantation de café, pique-nique sur la plage et coucher de soleil.
Et j’allais oublier, la photo avec toute la petite famille : Mauro, Massiel, Sandrita (leur fille de 5 ans) et Duke. Il ne manquait que le chaton de la voisine, à peine sevré et amateur de bière.

Et voilà, un autre endroit du Nicaragua que je quitte avec un pincement au coeur. Ses volcans, ses paysages, ses plages et la gentillesse des habitants resteront probablement longtemps dans ma mémoire.

GRANADA (du 27/03/2016 au 02/03/2016) – ou ‘La ciudad where all las palabras se mélangent’

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Je n’avais pas prévu cela. Non, vraiment pas. Enfin, si, un peu. Mais j’avais quasiment fait une croix dessus.
De quoi je parle ? De cours d’espagnol.
Mais commençons par le commencement.

Quand j’arrive à Granada, j’ai l’impression d’arriver à Cuba.
Toutes ces maisons aux façades colorées ; les habitants assis sur des chaises sur le pas de leur porte ou dans un rocking-chair devant leur télé, derrière des grilles dignes de l’architecture coloniale espagnole, toutes fenêtres ouvertes ; la musique qui se dégage des restaurants ; les églises et bâtiments rénovés au style espagnol ; d’autres églises et bâtiments délabrés ; les rues parfois embouteillées où de vieilles voitures et des charrettes tirées par des chevaux (spéciale dedicace @Fatima) se partagent l’espace ; la chaleur, celle due à  la température élevée et celle qui se dégage des gens que je croise.
Très vite, je me sens à l’aise dans cette ville, qui me semble moins ‘corrompue’ par le tourisme que les villes que j’ai pu visiter au Costa Rica.
Ne vous méprenez pas, si vous venez à Granada, vous trouverez des ‘tours opérateurs’ à tous les coins de rue, beaucoup de restaurants et de boutiques pour touristes… mais je ne sais pas vous expliquer pourquoi je me sens très vite à l’aise ici.
Et après une semaine, j’ai déjà mes petites habitudes : mes 4 heures quotidiennes de cours d’espagnol, un petit bonjour, en passant, au français qui tient une échoppe de jus de fruits et petit-déjeuners (j’ai d’ailleurs pu y manger un pain au chocolat, loin d’être bon, mais après 4 mois loin de la France, c’était agréable) ; un passage par la boulangerie, qui fait de ‘vraies baguettes’ et un cake au chocolat qui comble un peu mon manque de chocolat ; le Garden Cafe où j’aime aller me poser après mes cours pour profiter de la terrasse ombragée et travailler au calme ; une petite tentative de discussion quotidienne en espagnol avec les personnes qui tiennent l’auberge de jeunesse dans laquelle j’ai posé mon sac et qui me permet de constater mes progrès ; mes devoirs, souvent faits tardivement, le partage de nos expériences respectives avec les personnes qui restent à l’auberge…
Au delà de ces habitudes, il y a également les discussions impromptues dans la rue et les restaurants. Elles aussi me permettent de constater mes progrès en espagnol. Et, bien que ce soit encore assez difficile, chaque jour je peux ajouter des nouveaux mots à des phrases de mieux en mieux construites.
La où ça devient marrant, c’est quand au même moment, à l’auberge, je parle en français avec un  belges, en anglais avec une fille de Singapour et en espagnol avec la dame qui s’occupe du ménage. Tout se mélange. Comme m’a dit @Débo, ‘tu vas devenir comme Arnold Shwarzenegger’… et elle ne parlait pas des épaules.

Et finalement, à part vivre au quotidien, qu’ai-je vu de la région ? Beaucoup et peu.

  • La laguna de Apoyo, beau lac d’origine volcanique parfait pour se baigner,
  • Le marché de Masaya, immense, avec son coin d’artisanat local, celui pour les vêtements ou encore celui pour la nourriture et ses piñatas géantes (j’en veux une pour mon anniversaire !),
  • Un tour en kayak à Las Isletas, avec un magnifique coucher de soleil sur le lac Nicaragua et la ville de Granada en toile de fond,
  • Et le must : un tour nocturne au volcan Masaya.
Le volcan étant assez actif actuellement, le parc national dans lequel il se trouve est fermé. Impossible d’y accéder. Sauf qu’à l’auberge, on me parle du cousin de la responsable qui serait garde au parc et qui pourrait nous emmener voir le volcan le soir même. Je suis partante bien sûr ! Mais finalement, le plan tombe à l’eau. Le cousin aurait été pris sur le fait et suspendu. Petite déception.
Mais le lendemain, devant l’un des tours opérateurs, j’aperçois un panneau qui annonce ‘lava tour’. Je me précipite à l’intérieur pour me renseigner et le samedi soir, me voilà, avec une dizaine de personnes, à l’arrière d’un pick-up, cheveux au vent, prête à aller gravir le chemin qui mène au sommet du volcan. Un trio se forme : Julien, Anne-Laure et moi.
Je nai pas été déçue. Cette promenade nocturne était digne d’un ‘show’. Je dirais que j’ai pu assister à deux spectacles. Un qui m’a beaucoup fait rire : celui des guides qui nous demandent de ne pas parler, de ne pas allumer de lumière, de nous dépêcher, voire de courir a moitié courbés pour ne pas être vus ni entendus et dont les téléphones portables se mettent à sonner. J’ajouterais à cela le ‘gars’ de l’agence qui nous accompagne et qui a peur de rester à 10 mètres d’un guide, qui se place juste derrière Julien qui a sa lumière et nous laissant  Anne-Laure et moi derrière lui, avec un peu moins de visibilité…
Et un autre spectacle, majestueux, lorsqu’enfin arrivés aux abords du cratère le ciel devient rouge et que l’on peut observer le magma en fusion. Pas de mot pour décrire ce court, mais intense moment.
Le retour se fait par le même chemin, avec un beau souvenir en mémoire et une folle envie d’y retourner, de s’asseoir et de contempler.

Cette soirée marque la fin de mon séjour à Granada. Je suis à la fois triste de quitter la ville, mais aussi contente de reprendre la route !

EN ROUTE POUR LE NICARAGUA (le 26/03/2016)

Après 2 jours à me reposer à San José, semaine sainte oblige, me voilà dans un bus direction Peñas Blancas, ville costaricienne à la frontière du Nicaragua.
Installée à ma place, je peux lire les 2 phrases suivantes affichées à l’avant du bus : ‘Que Dieu bénisse les transports Duldo et moi-même’ et ‘Que Dieu bénisse mon chemin et mes passagers’.
Au moment du départ, l’homme assis à côté de moi se signe.
Je commence à me demander si j’ai bien fait de choisir le bus comme moyen de transport…
Mais, après 6h de trajet, nous arrivons bien entiers et sans incident à la frontière. Et là, ça se complique.

Entre le besoin de me faire aider et la crainte de me faire avoir, mon coeur balance. Je choisis la première option, et si la deuxième vient avec, tant pis…
Porte-monnaie et passeport sont mes précieux ‘outils’ pour ce changement de pays, une expérience à part entière pour moi.
Tout d’abord, je passe par un guichet extérieur pour payer la taxe de sortie du Costa Rica. 8$, bien que ce soit indiqué 7$ sur le ticket.
Puis, sur mon chemin vers la douane, je change un peu d’argent car je veux pouvoir payer mon prochain bus en cordobas, monnaie nicaraguéenne. Pas de bureau de change, mais des personnes qui m’aissaillent, liasse de billets en main : ‘camion ! cambio !’. Pas confiante du tout, mais dans le besoin, je change juste quelques dollars. Et je crois que j’ai bien fait de ne pas changer plus…
J’obtiens ensuite un premier coup de tampon sur mon passeport : j’ai le droit de sortir du Costa Rica.
De l’autre côté de la douane, je marche un peu à l’aveuglette, en essayant de suivre les gens dans la ‘rue’. Oui, dans la rue, parce que tout, ou presque, se passe en extérieur. Et d’ailleurs, il y a une table en bois, posée sur l’un des trottoirs. Elle sert à fouiller les sacs. J’interroge un douanier du regard. Il me fait signe de continuer mon chemin  sans contrôler mes bagages. Ouf ! Je n’ai rien à cacher, mais je n’avais pas envie de vider mon sac.
Je pensais être sortie du Costa Rica, mais il me reste encore un point de contrôle à passer.
Ça y est ! Je suis au Nicaragua ! Ah bah non, je n’ai pas encore passé la douane nicaraguéenne.
Je continue de suivre les autres touristes. Enfin, je continue d’essayer de les suivre, mais je n’en trouve pas. Ceci dit, j’arrive quand même au bâtiment qui abrite la douane nicaraguéennne.
Là, à un premier guichet, on me demande 1 dollar et on m’indique qu’il faudra ensuite que je donne 12 dollars au douanier.
Et enfin ! J’obtiens un autre coup de tampon sur mon passeport, qui, cette fois-ci, m’autorise à entrer au Nicaragua.
Je suis encore tellement perdue que la personne d’un n-ième  contrôle de sécurité est obligée d’arrêter son tapis roulant pour me faire comprendre qu’elle ne souhaite pas faire passer mon sac aux rayons X.

Bon, tout ça, c’est bien, je suis enfin au Nicaragua, mais maintenant, je fais comment pour trouver le bus qui m’amènera à Granada ?
Comme d’habitude, j’ai de la chance : une personne m’accompagne jusqu’au bus, m’indique où il faudra que je descende, s’occupe de charger mon sac, d’indiquer plusieurs fois au chauffeur de ne pas oublier de s’arrêter et de me dire de descendre, et reste même avec moi jusqu’au départ du bus, essayant désespérément de me trouver une place assise. Et contrairement à ma première expérience du bus en Australie, cette fois-ci, le chauffeur ne m’oublie pas.

Assise sur un banc sur le bord de la route, j’attends un autre bus. Viendra, ne viendra pas ? Me verra, ne me verra pas ? S’arrêtera, ne s’arrêtera pas ?
Pas le temps de savoir, une sorte de taxi pirate me propose de m’emmener jusqu’à Granada pour un montant convenu. Bien plus cher que le bus de ligne, mais au moins, j’arrête de me poser ces questions. Et j’arrive à bon port, avec le luxe de me faire déposer devant l’auberge de jeunesse.

Finalement, ce n’était pas si compliqué !
Il ne me reste plus qu’à prendre une bonne douche, me reposer un peu et planifier les activités que je souhaite faire dans le coin, grâce aux personnes de l’auberge dans laquelle j’ai posé mon sac…