SALENTO (du 07/09/2016 au 08/09/2016)

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Cette fois-ci, pas de long trajet en bus. Un avion pour aller jusqu’à Pereira et un bus local qui me dépose sur la place du village de Salento.
Et me voilà dans la ‘zona cafetera’, la région du café.
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Visite d’une finca de café
Alors bien sûr, je file à la finca de café que m’indique l’hôtel, pour en apprendre un peu sur le processus de production… du café. Je choisis la visite en espagnol, ce qui me vaut le privilège d’avoir un guide pour moi toute seule.
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Après les politesses d’usage (tu viens d’où, tu t’appelles comment), il m’explique que nous allons voir ensemble les 4 étapes du processus : la production et la récolte, la ‘transformation’, la vente et la dégustation.
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Équipés d’un petit panier noué à la taille, nous partons en direction du champs de caféiers.
Ma première expérience consiste à séparer la peau des deux grains de café contenus dans le fruit et à sucer un grain. Tout comme pour les graines de cacao, les grains de cafés sont couverts d’une matière blanche au goût sucré (après quelques recherches, il s’agit d’un couche de pectine).
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Puis, je recommence l’opération,  mais cette fois-ci, c’est pour planter les grains. Mon premier semis de café !
Le guide m’explique ensuite les différentes étapes de la pousse d’un caféier et me présente les 3 grandes variétés de café qui existent :robusta, liberica  et arabica. Cette dernière est d’ailleurs la seule variété cultivée en Colombie. Il s’agit simplement d’une stratégie de marché : la Colombie ne produit que des cafés doux et l’arabica est doux.
Ceci dit, il existe plus d’une centaine de types d’arabica. La finca que je visite travaille avec trois d’entre eux : arabica rojo, arabica amarillo et arabica colombiano et produit un café issu du mélange des 3.
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Et maintenant : à moi de travailler !
Je me balade au milieu des caféiers à la recherche des fruits de couleur rouges, que je cueille et dont je remplis (ou pas) mon panier. Ce qui m’amuse pendant quelques minutes n’est autre que la méthode traditionnelle et unique de récolter le café : un travail fastidieux en fait.
J’apprendrai quelques minutes plus tard que les cueilleurs de café sont payés 500 pesos colombiens (divisez par 3300 pour avoir le prix en euros… : environ 15 à 16 centimes) par kilo. A la pesée, j’ai récolté 1 kg…  non seulement je ne suis pas prête de faire fortune, mais en plus, le guide ne veut pas me payer !
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Tant pis pour moi… Nous poursuivons donc et passons à la transformation.
Une machine, automatique aujourd’hui, manuelle à l’origine permet de séparer la peau, qui sera recyclée en composte, des grains qui atterrissent dans l’eau. Ceux qui flottent seront mis de côté pour produire un café de qualité inférieure.
Les autres, après être restés quelques heures dans l’eau, sont égoutés, puis passés dans une machine où, frottés par une brosse, la pectine qui entoure les grains est éliminée.
C’est ensuite le temps du séchage, sur des grands ‘filets’ sous le soleil ou dans une sorte de soufflerie, lors des deux périodes annuelles de récoltes massives.
La finca que je visite n’est pas équipée pour l’étape suivante qui consiste à séparer une enveloppe, sèche, du grain. Le travail manuel serait trop long. De gros sacs remplis de grains de café partent dans une ville voisine (Armenia) qui dispose de la machine nécessaire. Les grains d’un côté et les enveloppes de l’autre reviendront ensuite à la finca, les enveloppes servant de combustible à la soufflerie.
On y est presque, mais pas tout à fait : un nouveau tri manuel des grains de seconde qualité est réalisé.
Et enfin, les grains sont torréfiés !
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Il ne reste plus qu’à les moudre, faire chauffer de l’eau, filtrer le café et le boire.
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La production de la finca est vendue (avant torréfaction) à 70% à une coopérative d’état (si j’ai bien compris), les 30% restant étant conservés, torréfiés et vendus par la finca, sous sa propre marque (cette répartition n’est pas imposée, chaque finca fait ce qu’elle souhaite).
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Et voilà ! Le tour s’achève sur la présentation des produits vendus, pendant que je déguste ce café et que j’essaie de récapituler tout ce que je viens d’apprendre.
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Je repars comme je suis arrivée : à pied, mais par un autre chemin qui m’amène à un petit village où j’attrape un bus pour les derniers kilomètres de route.
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Vallée de Cocora
Le lendemain, je suis prête pour aller découvrir un autre point d’intérêt de la région : la Vallée de Cocora.
Je monte dans une jeep sur la place du village. Le temps du trajet, je sympathise avec Alex, une américaine qui voyage seule, qui parle vraiment super bien français et qui apprend l’espagnol. Vous vous demandez probablement l’intérêt de le préciser ? Eh bien, c’est tellement rare de croiser des anglophones qui font des efforts pour parler une langue étrangère, que j’avais envie de l’écrire.
Nous passerons la journée à marcher en discutant, rigolant et en profitant des paysages.
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La Vallée de Cocora est réputée pour ses immenses palmiers de cire pouvant dépasser les 50 mètres, qui poussent à une altitude supérieure à 2000 mètres.
Après une ascension boueuse – il a beaucoup plu la veille – et le passage de ponts suspendus comme je les aime – pas longs, pas hauts, mais parfois formés de 3 troncs d’arbre plus ou moins bien agencés – nous arrivons à la réserve naturelle d’Acaime. Nous pouvons y observer quelques colibris et avons la chance de rencontrer une personne d’une communauté amazonienne, parcourant son pays pour promouvoir sa région et expliquer l’importance de préserver la nature.
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Après une longue pause, nous repartons vers une finca, toujours au milieu de la forêt.
Ce n’est qu’après cette nouvelle étape que s’ouvre devant nous, sous un beau soleil, la vallée de Cocora et ses grands palmiers.
Un paysage insolite, que nous observons longuement assises dans l’herbe, avant de reprendre le chemin vers une jeep qui nous ramènera au village.
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D’ailleurs, Salento est un petit village, dont l’avenue principale se compose de boutiques pour les touristes, mais il y règne une ambiance que je trouve très agréable. Et si je n’arrivais pas à la fin de mon voyage, avec l’envie de découvrir encore quelques lieux, je m’attarderai bien ici, juste pour en profiter.

CARTHAGENE DES INDES (du 02/09/2016 au 06/09/2016)

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Pour aller de Santa Marta à Carthagène, je monte dans un transport ‘porte à porte’.
Un van me récupère à l’hôtel et me dépose à l’hôtel !
C’est pratique et ne coûte pas beaucoup plus cher que de prendre le taxi jusqu’au terminal de bus de Santa Marta, le bus et à nouveau un taxi depuis le terminal de Carthagène.
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Le long de la route, nous croisons quelques villages, plus proches des bidonvilles que des beaux quartiers. Je découvre une autre image du Nord de la Colombie : toujours un décors enchanteur, avec la mer des Caraïbes en toile de fond, mais les abords sont envahis de plastique et autres détritus.
Barranquilla se dessine à l’horizon, avec ses hauts immeubles qui bordent le littoral (je ne m’y arrête pas).
Puis environ 4h00 après le départ, nous entrons dans Carthagène des Indes, et je me fais une première idée de la beauté de la ville.
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J’ai profité du trajet pour lire l’histoire passionnante de Carthagène, ville portuaire ayant servi à charger les bateaux de l’or pillé aux populations indigènes du pays, et plus généralement à l’Amérique du Sud, et envoyé à destination de l’Espagne. C’était egalement l’un des centres officiels de commerce d’escalves en Amérique.
Elle fut attaquée à plusieurs reprises par des pirates, attirés par ses richesses ; fortifiée ; prise d’assaut, en 1741, par une armada anglaise, quittant finalement rapidement les lieux après sa victoire, decimée par les maladies, mais démolissant les forteresses qu’elle occupait ; reconstruite et re-fortifiée ; libérée de l’occupation espagnole une première fois en 1811 ; reconquise par les espagnols et finalement libérée définitivement en 1821, avec l’aide de Simon Bolivar.
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Mon hôtel se trouve dans le quartier de Getsemani, historiquement le quartier des esclaves, puis des populations les plus pauvres de la ville. Aujourd’hui, les restaurants et les hôtels envahissent les rues, faisant monter les prix des habitations et chassant les résidents historiques. Le tourisme aide au développement des pays, mais n’a pas que des avantages…
C’est le week-end, les habitants sont assis sur le pas de leurs maisons et la musique s’échappe allègrement de chacune d’entre elles.
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Ma première visite du centre historique se fera de nuit. Les bâtiments coloniaux et les remparts sont magnifiquement éclairés, la chaleur est plus supportable. L’endroit est touristique, le prix des restaurants en est la preuve, mais les bars à salsa sont remplis de colombiens. Je pourrais rester des heures à les regarder danser, leur enviant leur souplesse, leur rythme. C’est enivrant.
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Je reviens le lendemain profiter des bâtiments, ouverts cette fois-ci. Le quartier est toujours aussi beau de jour. Je flâne longtemps dans les allées, pourtant pas si nombreuses que cela. Je visite le musée de l’Inquisition – des heures de cours d’histoire ‘rattrapées’ en quelques salles. J’observe des enfants jouer avec des cerfs-volants qui colorent le ciel. Je me pose sur les remparts, à la terrasse d’un bar, avec vue directe sur la mer et le coucher de soleil.
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Le dimanche matin, je suis un tour guidé du street art de Gestemani. J’en apprends plus sur l’histoire du quartier, certains de ses symboles (l’indienne Catalina et Pedro Romero), la résistance opposée par les habitants à l’augmentation des prix, les panneaux affichant ‘No se vende’ sur les façades…
Le guide nous expliquera également une partie de l’histoire du street art en Colombie.
Dans l’après-midi, je me rends au château de San Felipe. Je me promène sur ses hauteurs, dans ses coursives intérieures peu éclairées qui s’apparentent parfois à un labyrinthe, dans son ancien hôpital transformé en salle de projection, où un film très intéressant relate l’histoire du château et l’assaut anglais.
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Enfin, mon séjour à Carthagène ne serait pas complet sans un cours de salsa !
Après m’être renseignée il y a 2 jours dans l’une des écoles de la ville, je me lance. Mes débuts ne sont pas prometteurs. Mes souvenirs douloureux de cours de step me reviennent, comme si j’appliquais une règle simple : toujours être à contre-courant des autres. Puis cela vient petit à petit. Je ne crois pas être ridicule à la fin du cours et je me suis bien amusée.
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Pour le reste, je flâne et je profite de la climatisation de l’hôtel.

BAHIA CONCHA (le 01/09/2016)

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Pour récupérer, aujourd’hui c’est journée repos : plage, snorkelling, baignade, lecture à Bahia Concha, l’une des premières plages du Parc National de Tayrona, lorsque l’on vient de Santa Marta.
C’est une journée qui fait du bien aux jambes.

LE TREK DE LA CIUDAD PERDIDA (du 28/08/2016 au 31/08/2016)

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Petit sac-à-dos bouclé : eau, anti-moustique, crème solaire, chapeau, maillot de bain, lampe de poche, affaires de toilette, quelques vêtements et paires de chaussettes de rechange.
Vêtements confortables enfilés et chaussures de marche aux pieds.
Je suis prête !
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Je suis excitée comme une puce à l’idée de marcher vers la Ciudad Perdida !
J’en ai entendu parler à plusieurs reprises au cours des rencontres de ces derniers mois, et l’article paru dans un magazine de voyage* que j’ai lu lors de mon passage en France a fini de me convaincre : je veux absolument réaliser ce trek.
C’est pour lui que j’ai quitté un peu précipitamment l’Equateur : l’accès à la Cité Perdue étant fermé du 1er au 15 septembre 2016, les derniers départs pour réaliser le trek en 5 jours*** s’effectuent dimanche 28 août et en 4 jours, lundi 29 août. J’avais prevu de le réaliser en 5 jours, pour en profiter un peu plus, et nous sommes… dimanche 28 !
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Jour 1
Le groupe que nous allons former durant les jours à venir se répartit par 6, dans 2 voitures.
Nous profitons des presque 2h00 de trajet pour faire connaissance, au rythme du reggaeton que le chauffeur diffuse.
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Une fois de plus, je me trouve chanceuse, car le groupe est constitué de 5 colombiens, 3 italiens, 2 néerlandais, un américain et moi. Autrement dit : des personnes du pays, pas d’autre francophone et plusieurs nationalités.
Ajoutez à cela le guide et sa femme, appartenant à une communauté locale, et c’est un partage culturel assuré !
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Mais pour l’heure, il est 11h30, nous déjeunons. Nous commençons à nous douter que nos horaires habituels vont être un peu chamboulés, même si nous ne savons pas encore à quel point.
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Puis, il est temps de partir sur les chemins exposés à un soleil brûlant.
Dans un premier temps, l’itinéraire ne ressemble pas à ce que j’avais imaginé. Le sentier s’apparente plutôt à une route (poussiéreuse certes), mais malgré tout, le paysage environnant est joli. Et surtout, ça grimpe bien.
Un premier arrêt, et un premier ravitaillement en eau fraîche (ou coca ou autre pour ceux qui veulent) : sous une sorte de toit, un homme passe sa journée à attendre les allers et venues des marcheurs qui démarrent ou terminent le trek.
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Le groupe se ressoude, tout le monde fait une pause et on redémarre. Le chemin rétrécie un peu, mais les côtés restent encore très dégagés. Nous continuons de grimper jusqu’à notre prochain arrêt où nous sommes accueillis avec de la pastèque fraîchement coupée et un paysage de plus en plus verdoyant, luxuriant.
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Dans l’apres-midi, nous atteignons le village de quelques maisons, où nous allons passer la nuit. Les lits superposés couverts de moustiquaires s’enchaînent sur 3 bâtiments ouverts de tous les côtés.
Récompense bienvenue : nous pouvons plonger dans une piscine naturelle formée par le rio. Bon, j’ai pris l’échelle, mais il n’empêche que ce bain bien rafraîchissant est vraiment agréable. Et en prime, les petits poissons m’offrent une fish pédicure.
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A 17h30, nous passons à table et à 20h30, tout le monde est dans son lit, après qu’Alberto, notre guide nous ait parlé un peu des coutumes des communautés locales.
J’apprends notamment :
  • Qu’il existe 7 lieux sacrés, comme la Ciudad Perdida, dont 5 sont inaccessibles aux personnes n’appartenant pas à l’une des communautés,
  • Que chacune des 4 communautés de la région dispose de son propre style vestimentaire, de son propre langage, de ses coutumes,
  • Que dans la communauté d’Alberto, chacun dispose d’un ‘nom secret’ ; les dates de naissances ne sont pas connues (pour les papiers officiels, les autorités les déduisent des événements qui se sont produits au moment de la naissance : saison des mangues, tel homme présent au village…) ; les personnes sont monogames et ne divorce normalement pas ;  chaque homme marié possède une calebasse (poporo), remplie de poudre de coquillage, qui mélangée à la salive lors de la mastication de feuilles de coca vient épaissir le tour supérieur de la calebasse (au musée de l’or de Santa Marta, le guide nous avait également expliqué que le mélange entre les feuilles de coca machouillées et la poudre de coquillage formait un alcaloïde).
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Jour 2
Réveil à 5h, le jour n’est pas encore levé.
Environ une heure plus tard, nous démarrons notre journée de marche. Il fait déjà très chaud, mais nous sommes abrités du soleil.
Le chemin plus étroit n’a désormais plus rien à voir avec celui de la veille. Nous profitons de la magnifique lumière matinale qui se reflète sur le décor toujours très vert.
Au bout d’une petite heure, longue pause fruits frais. Puis nous repartons.
Contournement d’une grande marre de boue. Je me retrouve à moitié bloquée sur le talus. La prochaine fois, je mettrai les pieds dedans, cela m’évitera ce genre de situation.
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Nous arrivons au lieu du déjeuner à… 8h40. Le temps d’une baignade dans un décor encore une fois sublime, nos vêtements d’hier et d’aujourd’hui ont le temps de sécher.
Ah oui ! Parce que, je vous ai parlé de la chaleur, mais j’ai omis le taux d’humidité. Impressionnant.
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Le repas s’annonce, aux alentours de 10h30, 11h00.
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Lorsque nous nous rechaussons, c’est pour empreinter un chemin qui descend, puis s’applatit quelques temps.
Nous passons devant un village traditionnel, formé de quelques maisons de forme ronde, en bois ; nous traversons des étendues d’herbes hautes ; nous suivons le sentier qui, lui, suit le rio.
Une pause au bord de l’eau.
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Puis nous traversons un pont suspendu. ‘Pas plus de 3 à la fois’, me dit Daniella, le femme du guide.
De l’autre côté, Alberto nous donne l’autorisation de lâcher les chevaux et de partir à l’assaut de la côte qui se présente devant nous. Une bonne grimpette, longue, raide, chaude. En bruit de fond, le tonnerre, inquiétant, raisonne. Je prête plus attention au sol, en terre rouge, grasse, et j’imagine ce qu’il doit devenir avec de la pluie. Je repousse cette idée le plus loin possible.
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En haut, tout en haut, de cette belle montée, nous découvrons une nouvelle ‘buvette’. Le cuisinier du groupe nous attend, une fois de plus, avec de l’ananas fraîchement coupé, sucré, juteux. Un parfait remontant.
Nous resterons ici environ une heure, le temps que le groupe, qui s’étire sur une demie-heure, se réunisse, que tout le monde ait le temps de se reposer et que la pluie, qui maintenant est arrivée, s’arrête.
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C’est ensuite une alternance de descentes et montées qui nous amène jusqu’au pied du Rio qu’il faut traverser.
Jusque là, nous avons croisé de petits cours d’eau, avec des pierres bien positionnées pour faciliter le passage. Cette fois-ci, nous devons retirer les chaussures et remonter le pantalon (je suis en short, mais il faut quand même que je le remonte).
Nous pensons attendre tout le groupe pour traverser, mais un guide nous crie, depuis l’autre côté, que l’eau en train de monter. C’est donc finalement sur la rive opposée que nous attendrons tout le monde.
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Ne reste plus ensuite qu’une vingtaine de minutes de montée pour atteindre le campement du soir. Les plus courageux iront se baigner. Les moins courageux n’approcherons pas l’eau. Moi, j’y trempe les jambes.
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Jour 3
C’est le grand jour !
6h00 du matin, nous marchons silencieux en file indienne, sous un soleil inespéré hier soir.
Nous ‘voyageons léger’ : appareil photo dans la poche, bouteille d’eau à la main.
Les papillons virevoltent, les chants des oiseaux sont notre fond sonore.
Nous retirons une nouvelle fois nos chaussures pour traverser le rio.
Enfin, devant nous, l’escalier tant attendu, composé de 1200 marches**, très inégales. Et au bout de ces marches, la Ciudad Perdida.
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Nous débouchons sur un premier niveau de la cité. Des cercles de pierres délimitent les contours des habitations de l’époque.
Lorsqu’Alberto arrive, il nous fait exécuter un rituel avant de pénétrer plus au coeur de ce site sacré. Nous nous positionnons sur les pierres de l’un de ces cercles (pas n’importe lequel) ; il nous distribue quelques feuilles de coca, nous demande de laisser ici ‘toutes les mauvaises choses de la ville’ (ou de la vie moderne) ; avec notre main contenant les feuilles de coca, nous réalisons le tour de notre tête ; nous déposons les feuilles sur un socle situé au milieu ; puis nous sortons du cercle d’une manière précise.
Dès lors, nous pouvons poursuivre notre visite.
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Nous empruntons un autre escalier, et arrivons sur une partie plus dégagée du village, qui contient la ‘salle’ des hommes et la ‘salle’ des femmes. En prenant encore un peu de hauteur, le décor prend toute son ampleur. Les cercles délimitant ces salles se dessinent nettement, les palmiers et la forêt alentour complètent le tableau.
Nous nous asseyons un bon moment, pour contempler la vue.
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Nous nous dirigeons ensuite vers la maison du Mamo, chef spirituel.
Malheureusement, il ne peut pas nous recevoir.
Alors, nous continuons le tour de la cité. D’autres cercles de pierre indiquent d’autres maison. De-ci de-là, de gros blocs de pierre sont sculptés pour indiquer où se trouvent les différents rio et zones météorologiques de la Sierra Nevada de Santa Marta ou bien, l’emplacement des 7 sites sacrés. Pas de fausse joie, il faut être fortement initié pour comprendre.
Nous croisons également une ancienne ‘cellule’ (prison) : la libération du prisonnier était alors décidé par le Mamo, en fonction du chant des oiseaux.
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Et nous voilà revenus au premier niveau du village.
Nous remontons sur une pierre du cercle qui a servi au rituel lors de notre arrivée, effectuons le tour complet du cercle en restant sur les pierres, puis en ressortons.
Nous pouvons à présent quitter les lieux.
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Mais Alberto nous parle du rite de passage à l’âge adulte (à 12 ans) et accepte de nous emmener au bord de la ‘piscine’ qui sert à cet usage. Cela nous permet de prolonger un peu le moment. Nous nous asseyons encore un fois pour observer, dans une longue pause silencieuse. Nous sommes bercés par le bruit de l’eau dévalant la petite chute qui surplombe la ‘piscine’. Je serai probablement restée là des heures si Alberto n’avait pas sonné le départ. Il nous faut a présent retourner à notre campement pour déjeuner, récupérer nos affaires et reprendre la route.
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Vers 12h00, nous voilà à nouveau sur le sentier de la veille, prêt pour un long après-midi de marche.
Il nous faut à nouveau traverser le rio. Ma tête doit être restée à la Ciudad Perdida, car arrivée sur la rive opposée, je réalise que j’ai laissé mes chaussures de l’autre côté. Daniella a la gentillesse de me les porter, m’évitant une nouvelle traversée.
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A présent, chacun son rythme pour remonter. Au loin, le tonnerre gronde à nouveau. La pluie se forme, petit à petit, jusqu’à devenir torrentielle. Lorsqu’elle cesse, des nuages s’évaporent du sol.
Elle repart de plus belle lorsque nous devons repartir de notre pause. La route est encore longue et nous ne pouvons pas attendre. Nous entamons une belle descente, bien glissante. Celle-là même où, la veille, en pleine montée, je me suis demandée ce que cela donnait sous la pluie. Et bien maintenant, je sais !
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Ce qui est bien avec cette pluie, c’est que malgré la boue, les chaussures finissent propres. Humides, mais propres.
Et puis le trek de la Ciudad Perdida sans pluie, cela n’aurait pas été vraiment le trek de la Ciudad Perdida.
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Jour 4
Une grosse matinée en perspective.
C’est sous un soleil magnifique que nous remontons vers notre campement du premier soir, puis sous un soleil toujours aussi brûlant que nous redescendons vers le restaurant où nous avons pris notre premier repas en groupe. C’est fou ce qu’un sentier peut paraître différent dans un sens ou dans l’autre.
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Nous arrivons fatigués, mais content de ce beau trek.
Et pour célébrer ce dernier moment en groupe, nous achetons et partageons une demie bouteille d’aguardiente, liqueur anisée locale.
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Une voiture où nous nous entassons nous ramène à Santa Marta. C’est l’heure de la douche chaude, des vêtements secs et de la lessive !
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* @Ju : Merci !
** Je n’ai pas compté les marches. Il faut parfois savoir faire confiance à ce qu’on lit dans les guides 😉
*** J’avais effectivement signé pour 5 jours, mais au réveil du deuxième jour, j’ai finalement opté pour 4.

SANTA MARTA (le 27/07/2016)

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Je suis plus en forme qu’hier et je suis d’attaque pour profiter un peu de la ville.
Le centre est petit, mais il y a quelques jolis bâtiments et places, le bord de mer n’est pas ravissant, mais le bruit des vagues reste agréable et il règne dans la ville une ambiance musicale.
Je visite le musée de l’or de la ville. Je me joins à un groupe et un guide volontaire (et gratuit) nous fait visiter les différentes salles. Vraiment très intéressant et tellement moins lassant que de lire chaque panneau.
La salle contenant les objets en or est petite, mais de belles pieces y sont exposées. Le reste du musée presente les différentes communautés de la Sierra Nevada de Santa Marta, l’histoire de Simon Bolivar – c’est d’ailleurs dans cette maison qu’il mourut -, l’histoire de la maison – qui fut l’habitation successive de personnages importants -, la cuisine locale – on ne s’y attarde malheureusement pas assez à mon goût, …
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Je profite aussi des cafés et des restaurants…
En résumé, je récupère du voyage des jours précédents et je fais le plein d’énergie pour la suite.

TRAJET VERS LA COLOMBIE (du 24/08/2016 au soir au 26/08/2016)

J’ai fait mon choix : je pars dès à présent pour la Colombie.
Je planifie (quelques heures à l’avance, ça reste de la planification), je m’organise (j’achète mes billets, de l’eau et d la nourriture, des livres pour passer le temps), et je profite encore quelques instants du ‘grand air’ avant d’entamer mon trajet.
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A 20h00, je suis (plus ou moins) confortablement installée dans un bus de nuit qui me ramène au terminal de Quitumbe, à Quito. La nuit est longue, car les sièges ne s’allongent pas, mais finalement, nous mettrons 9h00 au lieu des 10h00 annoncées pour atteindre le terminus. C’est l’un des avantages de rouler de nuit : pas d’embouteillage.
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De là, je monte dans un taxi qui me conduit à l’aéroport.
Parce-que que j’ai choisi l’avion pour aller de Quito à Bogotá, qui me permet d’arriver en 1h15 environ. J’aurais pu prendre un bus, mais cela prenait 30h00 de voyage. Mon plan initial était de faire quelques étapes sur la route, mais mon plan initial à changé… à présent, je souhaite rejoindre rapidement le Nord du pays.
Arrivée à l’aéroport de Bogotá, je dois passer par la douane, qui me demande une adresse sur place… le hic, c’est que je n’ai pas réservé d’hôtel pour le moment. La douanière est embêtée, me redemande une adresse (que je n’ai bien sûr  toujours pas), réfléchit un bon moment, puis met le coup de tampon sur mon passeport ! Ouf !
Un deuxième contrôle me redemandera mon adresse, mais se satisfera plus facilement de mon adresse mail.
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A nouveau, je monte dans un taxi, pour me rendre à la gare routière, pour prendre un bus un autre bus.
Je retrouve la qualité des bus longue distance péruviens : climatisation, sièges qui s’allongent, couverture, écran de télé individuel (j’ai pris la classe supérieure, c’est vrai… pour même pas 3 euros de plus).
Et me voilà à nouveau assise, pour 18h00 !
Et c’est finalement après avoir regardé en espagnol ‘Madagascar 2’, je ne sais plus quel autre dessin animé et ‘Mon beau-père et moi 3’ (je fais avec mon niveau) et un trajet de 20h30 (on ne peut pas gagner à tous les coups), que je monte dans un ultime taxi pour me rendre à l’hôtel que j’ai finalement réservé en cours de route !