SALENTO (du 07/09/2016 au 08/09/2016)

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Cette fois-ci, pas de long trajet en bus. Un avion pour aller jusqu’à Pereira et un bus local qui me dépose sur la place du village de Salento.
Et me voilà dans la ‘zona cafetera’, la région du café.
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Visite d’une finca de café
Alors bien sûr, je file à la finca de café que m’indique l’hôtel, pour en apprendre un peu sur le processus de production… du café. Je choisis la visite en espagnol, ce qui me vaut le privilège d’avoir un guide pour moi toute seule.
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Après les politesses d’usage (tu viens d’où, tu t’appelles comment), il m’explique que nous allons voir ensemble les 4 étapes du processus : la production et la récolte, la ‘transformation’, la vente et la dégustation.
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Équipés d’un petit panier noué à la taille, nous partons en direction du champs de caféiers.
Ma première expérience consiste à séparer la peau des deux grains de café contenus dans le fruit et à sucer un grain. Tout comme pour les graines de cacao, les grains de cafés sont couverts d’une matière blanche au goût sucré (après quelques recherches, il s’agit d’un couche de pectine).
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Puis, je recommence l’opération,  mais cette fois-ci, c’est pour planter les grains. Mon premier semis de café !
Le guide m’explique ensuite les différentes étapes de la pousse d’un caféier et me présente les 3 grandes variétés de café qui existent :robusta, liberica  et arabica. Cette dernière est d’ailleurs la seule variété cultivée en Colombie. Il s’agit simplement d’une stratégie de marché : la Colombie ne produit que des cafés doux et l’arabica est doux.
Ceci dit, il existe plus d’une centaine de types d’arabica. La finca que je visite travaille avec trois d’entre eux : arabica rojo, arabica amarillo et arabica colombiano et produit un café issu du mélange des 3.
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Et maintenant : à moi de travailler !
Je me balade au milieu des caféiers à la recherche des fruits de couleur rouges, que je cueille et dont je remplis (ou pas) mon panier. Ce qui m’amuse pendant quelques minutes n’est autre que la méthode traditionnelle et unique de récolter le café : un travail fastidieux en fait.
J’apprendrai quelques minutes plus tard que les cueilleurs de café sont payés 500 pesos colombiens (divisez par 3300 pour avoir le prix en euros… : environ 15 à 16 centimes) par kilo. A la pesée, j’ai récolté 1 kg…  non seulement je ne suis pas prête de faire fortune, mais en plus, le guide ne veut pas me payer !
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Tant pis pour moi… Nous poursuivons donc et passons à la transformation.
Une machine, automatique aujourd’hui, manuelle à l’origine permet de séparer la peau, qui sera recyclée en composte, des grains qui atterrissent dans l’eau. Ceux qui flottent seront mis de côté pour produire un café de qualité inférieure.
Les autres, après être restés quelques heures dans l’eau, sont égoutés, puis passés dans une machine où, frottés par une brosse, la pectine qui entoure les grains est éliminée.
C’est ensuite le temps du séchage, sur des grands ‘filets’ sous le soleil ou dans une sorte de soufflerie, lors des deux périodes annuelles de récoltes massives.
La finca que je visite n’est pas équipée pour l’étape suivante qui consiste à séparer une enveloppe, sèche, du grain. Le travail manuel serait trop long. De gros sacs remplis de grains de café partent dans une ville voisine (Armenia) qui dispose de la machine nécessaire. Les grains d’un côté et les enveloppes de l’autre reviendront ensuite à la finca, les enveloppes servant de combustible à la soufflerie.
On y est presque, mais pas tout à fait : un nouveau tri manuel des grains de seconde qualité est réalisé.
Et enfin, les grains sont torréfiés !
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Il ne reste plus qu’à les moudre, faire chauffer de l’eau, filtrer le café et le boire.
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La production de la finca est vendue (avant torréfaction) à 70% à une coopérative d’état (si j’ai bien compris), les 30% restant étant conservés, torréfiés et vendus par la finca, sous sa propre marque (cette répartition n’est pas imposée, chaque finca fait ce qu’elle souhaite).
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Et voilà ! Le tour s’achève sur la présentation des produits vendus, pendant que je déguste ce café et que j’essaie de récapituler tout ce que je viens d’apprendre.
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Je repars comme je suis arrivée : à pied, mais par un autre chemin qui m’amène à un petit village où j’attrape un bus pour les derniers kilomètres de route.
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Vallée de Cocora
Le lendemain, je suis prête pour aller découvrir un autre point d’intérêt de la région : la Vallée de Cocora.
Je monte dans une jeep sur la place du village. Le temps du trajet, je sympathise avec Alex, une américaine qui voyage seule, qui parle vraiment super bien français et qui apprend l’espagnol. Vous vous demandez probablement l’intérêt de le préciser ? Eh bien, c’est tellement rare de croiser des anglophones qui font des efforts pour parler une langue étrangère, que j’avais envie de l’écrire.
Nous passerons la journée à marcher en discutant, rigolant et en profitant des paysages.
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La Vallée de Cocora est réputée pour ses immenses palmiers de cire pouvant dépasser les 50 mètres, qui poussent à une altitude supérieure à 2000 mètres.
Après une ascension boueuse – il a beaucoup plu la veille – et le passage de ponts suspendus comme je les aime – pas longs, pas hauts, mais parfois formés de 3 troncs d’arbre plus ou moins bien agencés – nous arrivons à la réserve naturelle d’Acaime. Nous pouvons y observer quelques colibris et avons la chance de rencontrer une personne d’une communauté amazonienne, parcourant son pays pour promouvoir sa région et expliquer l’importance de préserver la nature.
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Après une longue pause, nous repartons vers une finca, toujours au milieu de la forêt.
Ce n’est qu’après cette nouvelle étape que s’ouvre devant nous, sous un beau soleil, la vallée de Cocora et ses grands palmiers.
Un paysage insolite, que nous observons longuement assises dans l’herbe, avant de reprendre le chemin vers une jeep qui nous ramènera au village.
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D’ailleurs, Salento est un petit village, dont l’avenue principale se compose de boutiques pour les touristes, mais il y règne une ambiance que je trouve très agréable. Et si je n’arrivais pas à la fin de mon voyage, avec l’envie de découvrir encore quelques lieux, je m’attarderai bien ici, juste pour en profiter.

PUNAKAIKI (le 24/01/2016 et le 25/01/2016)

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Jour 1 :
Je vous ai dit que je commençais à avoir besoin de faire quelque chose de mes mains ? Je ne sais plus. Mais maintenant, c’est fait.
Pas de machine à coudre, pas de réunion pour dessiner, pas de meuble à poncer… Je suis en manque.
Aujourd’hui, ce sera donc un atelier pour apprendre à faire des perles en verre.
Et en cours individuel en plus.
Après une démonstration du premier exercice,  c’est à mon tour de jouer.
Je m’asseoie sur le tabouret, devant le chalumeau qui lance une belle flamme, les coudes appuyés sur la table, une tige de métal, dont le bout est couvert d’une matière prête a accueillir le verre brûlant, dans la main gauche et une baguette de verre dans la main droite.
Je fais chauffer les 2 morceaux, le verre prend une teinte orange-rouge, commence à se liquéfier. Je le dépose avec précaution sur la tige en métal que je tourne doucement et en continu pour former la perle de verre. Avec un peu d’aide et de patience, j’arrive à former un beau cylindre.
A présent,  je dois le décorer avec des points.
Même méthode pour faire fondre le verre, mais avec une baguette plus fine. Je pose un point de verre sur ma perle. J’étire. J’attends 2 secondes à peine que le fil qui relie le point sur la perle à la baguette de verre se fige. Et je le passe sous le chalumeau pour les séparer.
Je répète l’opération plusieurs fois avant de rouler à nouveau toute ma perle doucement et en continu sous le chalumeau pour que les points se fondent dans la perle. Premier exercice terminé.
Les exercices qui suivent m’apprennent a former des lignes, à réaliser des petites spirales, des sortes de vagues… Chaque exercice demande plus de précision que le précédent, que je ne maîtrise pas vraiment.
Mais c’est un vrai plaisir. Le temps passe calmement, je suis concentrée comme je ne l’ai pas été depuis plusieurs semaines. Plus je m’excerce, plus j’arrive à gérer le flux de verre, la finesse de la ligne, la rondeur de la perle.
Je pourrais y travailler toute une journée, mais cela fait déjà 4h que je suis là et le cours prend fin.

Je ne peux pas encore voir le résultat final, car je dois laisser les perles refroidir toute la nuit. Je passe demain les récupérer.

Ce soir, j’opte pour un backpacker. Il pleut, je n’ai pas envie de planter ma tente et il faut que je fasse une grosse lessive (parce que je ne vais pas acheter tous les jours des chaussettes pour avoir une paire propre à mettre dans mes baskets).
Et je retrouve mon auto-stoppeur d’il y a quelques jours.
Une bonne soirée entre discussion, écriture et la mer en bruit de fond.

J’allais oublié de vous parler de l’attraction principale du coin : les Pancakes Rocks, dont vous pouvez voir quelques photos dans le diaporama. Une formation rocheuse qui, comme son nom l’indique, ressemble à une pile de pancakes.

Jour 2 :
Je vous ai dit que je commençais à avoir besoin de faire quelque chose de mes mains ? Mais oui ! En début de cet article.
Alors aujourd’hui, ce sera sculpture d’un pendentif en jade, pierre sacrée que l’on trouve dans le Sud-est de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. En Terre de Jade.
Je commence par choisir le motif. Pas très originale, j’opte pour celui que l’on voit à peu près partout, car le sculpteur me garantit que je peux le realiser en 4 heures.
Il se saisit d’un beau morceau de jade, de quelques millimètres d’épaisseur, dessine le motif, et découpe à la scie circulaire la partie sur laquelle le pendentif sera sculpté.
A mon tour de jouer !
A l’aide d’un disque qui tourne en continu (pas un 33 tours, mais n’étant pas spécialiste des machines, je ne pourrais pas vous donner le nom) je sculpte progressivement le contour de la forme, en prenant soin de conserver un profil bien droit.
Vient ensuite le perçage de 2 trous, à l’aide de forets. L’un servira à accrocher la cordelette du pendentif, l’autre sera la base de la spirale que je vais sculpter.
Puis, à nouveau à l’aide d’un disque (pas non plus un 45 tours), de beaucoup de patience et de dextérité, la spirale prend forme. D’un côté,  puis de l’autre, en prêtant attention à travailler au même endroit des 2 côtés.
Je peux à présent travailler sur l’aspect bombé du pendentif.
Ça a l’air facile, hein ? Eh bien, pas du tout. En tous cas, pas pour moi. A chaque étape, je me fais aider par Hamish, le sculpteur, qui rattrape les (petites) erreurs que j’ai faites, redonne une forme plus précise au motif et me fait gagner beaucoup de temps. Car le jade est une pierre très dure et je n’ose pas toujours appuyer autant qu’il le faudrait et je tâtonne pour trouver le bon angle qui permet d’arriver à la forme souhaitée. Mais ne croyez quand même pas que je le laisse tout faire. C’est mon pendentif !
Viennent ensuite les étapes de finition : le polissage en 3 étapes, le ‘massage à l’huile’ de la pierre, qui a priori adore l’huile et l’attache de la cordelette.
Et voilà, au bout de 4h30 de travail acharné, le pendentif est terminé. Il brille et respecte le motif choisi, même s’il n’est pas parfait.
Mais franchement, je ne recommence pas tout depuis le début ! En tous cas, pas tout de suite. Je sens encore les vibrations des disques dans mes doigts et j’ai envie de reposer mes épaules.  Mais demain pourquoi pas ?

PS 1 : Avec mon collier habituel, la perle montée sur une cordelette et le pendentif en jade autour du cou, il faut que je fasse attention à ne pas ressembler à Mister T.

PS 2 : Je ne vous ai pas parlé des sand flies, ces toutes petites mouches qui piquent et qui résistent si bien à nos antimoustiques. Elles me dévorent : lors du dernier décompte, datant d’hier soir, j’avais 17 piqûres sur la jambe gauche et 7 sur la jambe droite. Mais je sais que j’ai été à nouveau piquée depuis. Ce soir, je teste un produit local. On m’a garanti qu’il était spécialement prévu pour repousser les sand flies. Pourvu que ce soit vrai !