LE TREK DE LA CIUDAD PERDIDA (du 28/08/2016 au 31/08/2016)

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Petit sac-à-dos bouclé : eau, anti-moustique, crème solaire, chapeau, maillot de bain, lampe de poche, affaires de toilette, quelques vêtements et paires de chaussettes de rechange.
Vêtements confortables enfilés et chaussures de marche aux pieds.
Je suis prête !
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Je suis excitée comme une puce à l’idée de marcher vers la Ciudad Perdida !
J’en ai entendu parler à plusieurs reprises au cours des rencontres de ces derniers mois, et l’article paru dans un magazine de voyage* que j’ai lu lors de mon passage en France a fini de me convaincre : je veux absolument réaliser ce trek.
C’est pour lui que j’ai quitté un peu précipitamment l’Equateur : l’accès à la Cité Perdue étant fermé du 1er au 15 septembre 2016, les derniers départs pour réaliser le trek en 5 jours*** s’effectuent dimanche 28 août et en 4 jours, lundi 29 août. J’avais prevu de le réaliser en 5 jours, pour en profiter un peu plus, et nous sommes… dimanche 28 !
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Jour 1
Le groupe que nous allons former durant les jours à venir se répartit par 6, dans 2 voitures.
Nous profitons des presque 2h00 de trajet pour faire connaissance, au rythme du reggaeton que le chauffeur diffuse.
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Une fois de plus, je me trouve chanceuse, car le groupe est constitué de 5 colombiens, 3 italiens, 2 néerlandais, un américain et moi. Autrement dit : des personnes du pays, pas d’autre francophone et plusieurs nationalités.
Ajoutez à cela le guide et sa femme, appartenant à une communauté locale, et c’est un partage culturel assuré !
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Mais pour l’heure, il est 11h30, nous déjeunons. Nous commençons à nous douter que nos horaires habituels vont être un peu chamboulés, même si nous ne savons pas encore à quel point.
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Puis, il est temps de partir sur les chemins exposés à un soleil brûlant.
Dans un premier temps, l’itinéraire ne ressemble pas à ce que j’avais imaginé. Le sentier s’apparente plutôt à une route (poussiéreuse certes), mais malgré tout, le paysage environnant est joli. Et surtout, ça grimpe bien.
Un premier arrêt, et un premier ravitaillement en eau fraîche (ou coca ou autre pour ceux qui veulent) : sous une sorte de toit, un homme passe sa journée à attendre les allers et venues des marcheurs qui démarrent ou terminent le trek.
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Le groupe se ressoude, tout le monde fait une pause et on redémarre. Le chemin rétrécie un peu, mais les côtés restent encore très dégagés. Nous continuons de grimper jusqu’à notre prochain arrêt où nous sommes accueillis avec de la pastèque fraîchement coupée et un paysage de plus en plus verdoyant, luxuriant.
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Dans l’apres-midi, nous atteignons le village de quelques maisons, où nous allons passer la nuit. Les lits superposés couverts de moustiquaires s’enchaînent sur 3 bâtiments ouverts de tous les côtés.
Récompense bienvenue : nous pouvons plonger dans une piscine naturelle formée par le rio. Bon, j’ai pris l’échelle, mais il n’empêche que ce bain bien rafraîchissant est vraiment agréable. Et en prime, les petits poissons m’offrent une fish pédicure.
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A 17h30, nous passons à table et à 20h30, tout le monde est dans son lit, après qu’Alberto, notre guide nous ait parlé un peu des coutumes des communautés locales.
J’apprends notamment :
  • Qu’il existe 7 lieux sacrés, comme la Ciudad Perdida, dont 5 sont inaccessibles aux personnes n’appartenant pas à l’une des communautés,
  • Que chacune des 4 communautés de la région dispose de son propre style vestimentaire, de son propre langage, de ses coutumes,
  • Que dans la communauté d’Alberto, chacun dispose d’un ‘nom secret’ ; les dates de naissances ne sont pas connues (pour les papiers officiels, les autorités les déduisent des événements qui se sont produits au moment de la naissance : saison des mangues, tel homme présent au village…) ; les personnes sont monogames et ne divorce normalement pas ;  chaque homme marié possède une calebasse (poporo), remplie de poudre de coquillage, qui mélangée à la salive lors de la mastication de feuilles de coca vient épaissir le tour supérieur de la calebasse (au musée de l’or de Santa Marta, le guide nous avait également expliqué que le mélange entre les feuilles de coca machouillées et la poudre de coquillage formait un alcaloïde).
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Jour 2
Réveil à 5h, le jour n’est pas encore levé.
Environ une heure plus tard, nous démarrons notre journée de marche. Il fait déjà très chaud, mais nous sommes abrités du soleil.
Le chemin plus étroit n’a désormais plus rien à voir avec celui de la veille. Nous profitons de la magnifique lumière matinale qui se reflète sur le décor toujours très vert.
Au bout d’une petite heure, longue pause fruits frais. Puis nous repartons.
Contournement d’une grande marre de boue. Je me retrouve à moitié bloquée sur le talus. La prochaine fois, je mettrai les pieds dedans, cela m’évitera ce genre de situation.
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Nous arrivons au lieu du déjeuner à… 8h40. Le temps d’une baignade dans un décor encore une fois sublime, nos vêtements d’hier et d’aujourd’hui ont le temps de sécher.
Ah oui ! Parce que, je vous ai parlé de la chaleur, mais j’ai omis le taux d’humidité. Impressionnant.
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Le repas s’annonce, aux alentours de 10h30, 11h00.
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Lorsque nous nous rechaussons, c’est pour empreinter un chemin qui descend, puis s’applatit quelques temps.
Nous passons devant un village traditionnel, formé de quelques maisons de forme ronde, en bois ; nous traversons des étendues d’herbes hautes ; nous suivons le sentier qui, lui, suit le rio.
Une pause au bord de l’eau.
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Puis nous traversons un pont suspendu. ‘Pas plus de 3 à la fois’, me dit Daniella, le femme du guide.
De l’autre côté, Alberto nous donne l’autorisation de lâcher les chevaux et de partir à l’assaut de la côte qui se présente devant nous. Une bonne grimpette, longue, raide, chaude. En bruit de fond, le tonnerre, inquiétant, raisonne. Je prête plus attention au sol, en terre rouge, grasse, et j’imagine ce qu’il doit devenir avec de la pluie. Je repousse cette idée le plus loin possible.
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En haut, tout en haut, de cette belle montée, nous découvrons une nouvelle ‘buvette’. Le cuisinier du groupe nous attend, une fois de plus, avec de l’ananas fraîchement coupé, sucré, juteux. Un parfait remontant.
Nous resterons ici environ une heure, le temps que le groupe, qui s’étire sur une demie-heure, se réunisse, que tout le monde ait le temps de se reposer et que la pluie, qui maintenant est arrivée, s’arrête.
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C’est ensuite une alternance de descentes et montées qui nous amène jusqu’au pied du Rio qu’il faut traverser.
Jusque là, nous avons croisé de petits cours d’eau, avec des pierres bien positionnées pour faciliter le passage. Cette fois-ci, nous devons retirer les chaussures et remonter le pantalon (je suis en short, mais il faut quand même que je le remonte).
Nous pensons attendre tout le groupe pour traverser, mais un guide nous crie, depuis l’autre côté, que l’eau en train de monter. C’est donc finalement sur la rive opposée que nous attendrons tout le monde.
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Ne reste plus ensuite qu’une vingtaine de minutes de montée pour atteindre le campement du soir. Les plus courageux iront se baigner. Les moins courageux n’approcherons pas l’eau. Moi, j’y trempe les jambes.
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Jour 3
C’est le grand jour !
6h00 du matin, nous marchons silencieux en file indienne, sous un soleil inespéré hier soir.
Nous ‘voyageons léger’ : appareil photo dans la poche, bouteille d’eau à la main.
Les papillons virevoltent, les chants des oiseaux sont notre fond sonore.
Nous retirons une nouvelle fois nos chaussures pour traverser le rio.
Enfin, devant nous, l’escalier tant attendu, composé de 1200 marches**, très inégales. Et au bout de ces marches, la Ciudad Perdida.
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Nous débouchons sur un premier niveau de la cité. Des cercles de pierres délimitent les contours des habitations de l’époque.
Lorsqu’Alberto arrive, il nous fait exécuter un rituel avant de pénétrer plus au coeur de ce site sacré. Nous nous positionnons sur les pierres de l’un de ces cercles (pas n’importe lequel) ; il nous distribue quelques feuilles de coca, nous demande de laisser ici ‘toutes les mauvaises choses de la ville’ (ou de la vie moderne) ; avec notre main contenant les feuilles de coca, nous réalisons le tour de notre tête ; nous déposons les feuilles sur un socle situé au milieu ; puis nous sortons du cercle d’une manière précise.
Dès lors, nous pouvons poursuivre notre visite.
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Nous empruntons un autre escalier, et arrivons sur une partie plus dégagée du village, qui contient la ‘salle’ des hommes et la ‘salle’ des femmes. En prenant encore un peu de hauteur, le décor prend toute son ampleur. Les cercles délimitant ces salles se dessinent nettement, les palmiers et la forêt alentour complètent le tableau.
Nous nous asseyons un bon moment, pour contempler la vue.
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Nous nous dirigeons ensuite vers la maison du Mamo, chef spirituel.
Malheureusement, il ne peut pas nous recevoir.
Alors, nous continuons le tour de la cité. D’autres cercles de pierre indiquent d’autres maison. De-ci de-là, de gros blocs de pierre sont sculptés pour indiquer où se trouvent les différents rio et zones météorologiques de la Sierra Nevada de Santa Marta ou bien, l’emplacement des 7 sites sacrés. Pas de fausse joie, il faut être fortement initié pour comprendre.
Nous croisons également une ancienne ‘cellule’ (prison) : la libération du prisonnier était alors décidé par le Mamo, en fonction du chant des oiseaux.
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Et nous voilà revenus au premier niveau du village.
Nous remontons sur une pierre du cercle qui a servi au rituel lors de notre arrivée, effectuons le tour complet du cercle en restant sur les pierres, puis en ressortons.
Nous pouvons à présent quitter les lieux.
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Mais Alberto nous parle du rite de passage à l’âge adulte (à 12 ans) et accepte de nous emmener au bord de la ‘piscine’ qui sert à cet usage. Cela nous permet de prolonger un peu le moment. Nous nous asseyons encore un fois pour observer, dans une longue pause silencieuse. Nous sommes bercés par le bruit de l’eau dévalant la petite chute qui surplombe la ‘piscine’. Je serai probablement restée là des heures si Alberto n’avait pas sonné le départ. Il nous faut a présent retourner à notre campement pour déjeuner, récupérer nos affaires et reprendre la route.
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Vers 12h00, nous voilà à nouveau sur le sentier de la veille, prêt pour un long après-midi de marche.
Il nous faut à nouveau traverser le rio. Ma tête doit être restée à la Ciudad Perdida, car arrivée sur la rive opposée, je réalise que j’ai laissé mes chaussures de l’autre côté. Daniella a la gentillesse de me les porter, m’évitant une nouvelle traversée.
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A présent, chacun son rythme pour remonter. Au loin, le tonnerre gronde à nouveau. La pluie se forme, petit à petit, jusqu’à devenir torrentielle. Lorsqu’elle cesse, des nuages s’évaporent du sol.
Elle repart de plus belle lorsque nous devons repartir de notre pause. La route est encore longue et nous ne pouvons pas attendre. Nous entamons une belle descente, bien glissante. Celle-là même où, la veille, en pleine montée, je me suis demandée ce que cela donnait sous la pluie. Et bien maintenant, je sais !
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Ce qui est bien avec cette pluie, c’est que malgré la boue, les chaussures finissent propres. Humides, mais propres.
Et puis le trek de la Ciudad Perdida sans pluie, cela n’aurait pas été vraiment le trek de la Ciudad Perdida.
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Jour 4
Une grosse matinée en perspective.
C’est sous un soleil magnifique que nous remontons vers notre campement du premier soir, puis sous un soleil toujours aussi brûlant que nous redescendons vers le restaurant où nous avons pris notre premier repas en groupe. C’est fou ce qu’un sentier peut paraître différent dans un sens ou dans l’autre.
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Nous arrivons fatigués, mais content de ce beau trek.
Et pour célébrer ce dernier moment en groupe, nous achetons et partageons une demie bouteille d’aguardiente, liqueur anisée locale.
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Une voiture où nous nous entassons nous ramène à Santa Marta. C’est l’heure de la douche chaude, des vêtements secs et de la lessive !
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* @Ju : Merci !
** Je n’ai pas compté les marches. Il faut parfois savoir faire confiance à ce qu’on lit dans les guides 😉
*** J’avais effectivement signé pour 5 jours, mais au réveil du deuxième jour, j’ai finalement opté pour 4.

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