LE CANYON DE COLCA (du 17/04/2016 au 19/04/2016)

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J’arrive à 20h00 à Cabanaconde, après 6h00 de bus.
Cabanaconde, c’est un village qui se situe en hauteur du canyon de Colca. Le village d’où partent les treks pour ce canyon le plus profond du monde. Enfin, le deuxième canyon le plus profond du monde, le premier, Cotahuasi, se situant à quelques encablures.

Les tours opérateurs qui proposent des packages de 2 à 3 jours de randonnées avec guide pullulent à Arequipa.
Mais je fais le choix de me lancer seule et de préférence dans le sens inverse du circuit le plus touristique.
Une grande inconnue : est-ce que je pars pour 2 ou pour 3 jours ?
Les informations que j’ai pu collecter à droite à gauche sur le net sont tellement différentes qu’il m’est impossible de m’y fier. Mais je m’en inspire quand même pour décider de l’itinéraire global. Et je verrai en cours de route, à chaque traversée de village, si ma forme physique, la météo et l’heure me permettent de rejoindre le village suivant.

Jour 1
A 7h25, je pars de l’auberge où j’ai passé la nuit.
Après m’être perdue un peu dans le village, avoir demandé mon chemin à un couple qui m’envoie sur une mauvaise piste, puis à une dame qui me fait revenir sur mes pas, je trouve enfin le début du sentier qui permet de descendre vers le premier village de mon itinéraire : Llahuar. Il est 7h45 !

La descente démarre tranquillement, puis s’accentue rapidement. Au bout d’environ une heure, je commence à entendre le bruit de l’eau. C’est bon signe, puisque je suis sensée descendre suffisamment bas pour traverser le canyon par 2 fois pour rejoindre le village.
Le paysage est magnifique et le restera jusqu’à la fin.
Au loin, j’aperçois 2 personnes accompagnées d’un chien. Je me fixe pour objectif de les rattraper. J’y parviens, mais avec plus de difficultés que je ne le pensais. C’est sympa d’avoir des objectifs intermédiaires.
Je poursuis mon chemin et lors de la deuxième traversée du canyon, j’observe un petit geyser. C’est curieux de le trouver là, bien qu’indiqué sur le plan.
Encore un petit effort, une belle montée, et j’arrive à Llahuar après 3h15 de marche, au lieu des 4h00 indiqués sur le papier.
Le plus de ce village : il y a des bains chauds. Mais il n’est pas tout à fait 11h00 et j’ai plus envie de continuer mon chemin que de me baigner. Alors, après une petit pause, je repars.

En route vers le prochain village, Llatica, qui se situe, toujours sur le papier, à 2h00 de marche.
Le sentier grimpe bien. Devant moi, j’aperçois 2 hommes du coin. Je décide de m’accrocher à leur allure, mais  nos chemins se séparent. Ceci dit, ils ont pris un raccourci et je les retrouve une heure plus tard à l’approche de Llatica. Cela tombe bien, car je leur demande quelques informations : où se trouve le chemin pour aller jusqu’au village suivant, pensent-ils que j’ai le temps de m’y rendre avant la nuit… et je redemanderai ces informations à deux autres personnes du village.
Il faut dire que la plupart des itinéraires que j’ai trouvés sur le net s’arrêtent à Llahuar pour la première nuit, alors, j’ai peur de prendre trop de risques en poussant encore mon chemin.

Comme tout le monde me dit que c’est bon, je me lance.
Une fois le canyon à nouveau traversé, je cale mon pas et mon souffle pour une grimpette assez raide d’une demi-heure.
Au bout de cette demi-heure, j’arrive enfin à la bifurcation qui permet de se rendre à l’ancien village de Fure, puis à la cascade, dont j’ai décidé de faire l’impasse.
Je suis surprise, parce que j’avais cru comprendre que cette bifurcation se situait juste après le pont. Et si ça, c’est juste après le pont, je crains un peu pour la suite.
Mais bon, je suis lancée,  je continue. Et sur mon parcours, je cherche désespérément le chemin qui est sensé redescendre, un peu plus loin, de Fure.
Je suis quasiment remontée en haut du canyon et je ne l’ai toujours pas vu. Je trouve cela étrange et je m’inquiète de plus en plus pour la suite, sachant qu’après ce point de repère, il reste encore beaucoup de route à parcourir.

Je me rassure un peu lorsqu’au loin, j’aperçois 2 personnes, avec un chien.
Je les rattrape. Ce sont deux françaises, qu’un chien du village où elles ont passé la nuit précédente accompagne.
Je poursuis mon chemin avec elles et à peine 15 minutes plus tard, nous arrivons à Malata, le village que je ciblais pour passer la nuit, mais que j’imaginais encore tellement loin. Je suis vraiment surprise, puisque je cherche toujours le sentier qui redescend de Fure.
Il n’est pas 16h00, mais j’en ai assez pour aujourd’hui. Alors, je pose mon sac, avec les deux autres françaises, dans une auberge à l’entrée du village. Et en prime, nous avons droit à une douche tiède  (et non pas froide) et la propriétaire nous prépare un dîner parfait après une telle journée.

Mais où était donc ce chemin qui devait redescendre de Fure, ce point de repère que j’ai tant cherché et qui m’a fait presser le pas d’inquiétude en pensant à la distance qu’il me restait à parcourir et au fait que je ne voulais pas marcher de nuit ? *
Vous avez compris vous ? Moi, il m’aura fallu probablement une heure après être arrivée pour comprendre que ce que j’ai pris pour la première bifurcation était en fait ce fameux chemin qui redescendait…

Jour 2
Après une bonne nuit, bien au chaud sous 3 tonnes de couvertures, je me lance avec les deux autres françaises et le chien qui a patienté dehors toute la nuit, dans la descente qui doit nous emmener au prochain village : San Juan de Chuccho. L’allure est tranquille et d’autres chiens se sont joints à nous. Plus précisément, 2 autres.

A l’approche de San Juan, un premier doute nous assaille : devons nous continuer tout droit ou suivre le chemin qui descend ? Première hésitation de la journée… et première erreur. Après 20 minutes de descente, nous nous rendons à l’évidence : ce n’est pas le bon chemin. Demi-tour donc.
Une fois rejoint San Juan, deuxième hésitation. Nous questionnons donc les villageois et une dame nous indique un itinéraire qui traverse sa propriété. Oui, mais au bout du chemin, nous nous trouvons face à un cours d’eau… Renseignements pris auprès d’un homme qui travaille là : nous devons remonter le ruisseau. Aussi court soit-il, on finit avec les pieds mouillés.
Puis c’est un choix à faire entre un sentier qui part à droite et un qui continue tout droit. Heureusement, un berger passe avec ses moutons et nous indique la bonne direction.
Nous continuons sur un chemin que je trouve assez vertigineux, escarpé et très étroit.
Mais nous finissons pas arriver au pont qui doit nous permettre de traverser, pour la dernière fois, le canyon.
Là, nous apercevons le chemin touristique que nous aurions dû suivre pour sortir de San Juan… il avait l’air tellement plus simple.
Au passage, 2 de nos 3 chiens se sont arrêtés au village.

Petite pause, traversée du pont et c’est parti pour de la montée, de la montée et de la montée, pour un peu plus de 1000 mètres de dénivelé. Chacun va à son rythme. Le chien m’accompagne et nous ferons la route ensemble jusqu’au bout. Ce qui me vaut, à chaque rencontre avec un groupe accompagné d’un guide, un « c’est votre guide ? ».
2h30 plus tard et quelques arrêts pour discuter avec les nombreuses personnes qui descendent de ce côté du canyon, effectivement plus touristique que de l’autre côté, et c’est enfin l’arrivée ! Kilomètre 0 du circuit.
Il reste encore quelques kilomètres à parcourir sur la route pour rejoindre le centre ville, mais c’est tout plat, ça ne compte pas.
Assis sur un banc sur la place centrale de Cabanaconde, « mon chien » et moi partageons mes sandwichs : un peu plus d’un pour lui, un peu moins d’un pour moi.
Et le hic maintenant, c’est qu’il continue de me suivre et trouve même le moyen, en trompant les personnes de l’auberge, de me retrouver devant la porte de ma chambre…

Mais pas d’inquiétude, ces chiens sont nombreux à faire le tour du canyon, accompagnant des marcheurs de village en village. Bien rassasié par tout ce que nous lui avons donné à manger ce soir au resto – oui, oui, il est venu au resto avec nous. J’ai horreur de ça, mais une fois n’est pas coutume et il m’a tellement bien tenu compagnie aujourd’hui – il repartira probablement demain avec une autre personne en direction d’un village de l’autre côté du canyon.

En synthèse : Un super parcours qui vaut le détour.
J’ai parcouru l’itinéraire suivant en 2 jours, au milieu d’un merveilleux paysage et avec la chance d’apercevoir un condor en fin de parcours :
Jour 1 (avec des pauses un peu plus longues à chaque village)

  • CabanacondeLlahuar (3h10)
  • LlahuarLlatica (1h30)
  • LlaticaMalata  (2h50)

Météo : ciel couvert, idéal pour marcher, mais un peu de pluie sur la fin.

Jour 2

  • Malata – Le pont après San Juan de Chuccho  (3h00)
  • Le pont après San Juan de Chuccho – Kilomètre 0 du trek à Cabanaconde  (2h30)
  • Kilomètre 0 du trek à Cabanaconde – centre ville (30mn)

Météo : un peu plus de soleil que la veille, mais suffisamment de nuages pour ne pas souffrir de la chaleur.

Le lendemain, je me prépare pour une longue route vers Puno. Je fais quelques courses à l’épicerie du coin avant de prendre le bus et lorsque je me retourne ‘mon chien’ est derrière moi. Aïe, je n’avais pas prévu ça. Il monte avec moi dans le bus et je suis obligée de ressortir pour qu’il en descende…
Le bus part finalement et avant de quitter le canyon, je fais un arrêt à la Cruz Del Condor. Un point de vue depuis lequel il est possible d’observer des condors voler sur les courants d’air chaud.
Pour être honnête, il n’y a qu’eux qui sentent que ces courants sont chauds, parce que moi, à 7h30, je suis couverte des pieds à la tête. Mais j’ai la chance de profiter d’un beau spectacle : plusieurs condors volent, parfois au loin, parfois très près, dans ce décor de canyon. L’un d’entre eux reste même posé un certain temps sur un rocher tout proche. C’est indescriptible.
Cet endroit est très très touristique, mais en arrivant à 7h30, il n’y pas encore trop de monde. Une demi-heure plus tard, les navettes privées arrivent nombreuses. Les vols des condors se font plus rares.
Quelle chance j’ai eu !
Je remonte dans le bus suivant après quasiment 2h à profiter des condors, du canyon et du spectacle des femmes venues vendre les pulls, bijoux et chapeaux traditionnels aux nombreux touristes.
Le reste de la journée se passera dans les bus.

* Pour ceux que ça inquiéterait (j’en connais au moins un), j’avais sur moi, au delà des vêtements pour me couvrir, ma lampe frontale, une couverture de survie et de quoi nourrir une meute de chiens affamés…

2 réponses sur « LE CANYON DE COLCA (du 17/04/2016 au 19/04/2016) »

  1. Ju

    Super rando, le chien ça doit rassurer mine de rien.
    Niveau orientation, ils ne connaissent pas leur coin ou il y a un problème de communication ? 🙂

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