ABEL TASMAN COAST TRACK (du 20/01/2016 au 23/01/2016)

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Cela fait déjà quelques jours que je vous parle de l’Abel Tasman Coast Track. Ça doit devenir lassant.
Oui, mais une randonnée seule, ‘en autonomie’ ça se prépare.
Quand je dis ‘en autonomie’, ça ne veut pas dire que les conditions seront extrêmes, que je ne croiserai personne, que je devrai manger des insectes ou filtrer l’eau d’une marre de boue. Cela signifie juste qu’il faut que j’emmène de quoi dormir et de quoi manger.
Et non, il ne s’agit pas non plus d’emmener uniquement un pyjama et 2 barres de céréales…

Pourquoi ce sentier ?
D’abord parce que c’est une des ‘great walks’ de Nouvelle-Zélande.
Ensuite, parce qu’il est réputé magnifique.
Et enfin, parce qu’il est classé ‘facile’, et pour une première fois toute seule avec tout le matériel, je trouvais que c’était une bonne idée de rester dans le facile.

Pourquoi en tente alors qu’il y a des ‘refuges’ le long du sentier ?
Parce qu’il faut réserver à l’avance et que pour certaines nuits, il n’y avait plus de places dans les ‘refuges’. Alors, tant qu’à porter la tente, autant l’utiliser toutes les nuits.

Pourquoi porter ma nourriture ?
Parce qu’il n’y a pas de sherpa  (ni porteur, ni supermarché) et qu’il faut bien que je me nourrisse matin, midi et soir.

D’un point de vue pratique, cela donne un sac d’environ 15kg au départ (je n’ai rien pour peser, c’est une estimation), avec :

  • Une tente, un matelas, un duvet et un ‘drap de sac’, 1 t-shirt pour dormir,
  • Un brûleur à gaz et une petit bouteille de gaz, un ensemble de 2 petites casseroles, un bol et un verre rétractables, fourchette, couteau, cuillère en plastique, un couteau suisse,
  • 4 portions de soupe en sachet, 3 portions de nouilles chinoises avec assaisonnement, 3 pommes, 2 bananes, des céréales,  sachets de thé, 6 barres de céréales,  des fruits secs (amandes, bananes, abricots), 2 sandwichs,
  • Une paire de sandales, une paire de chaussures de marche,
  • Un pantalon de marche, un legging, un short, une polaire, une veste imperméable, un t-shirt, 2 paires de chaussettes, des sous vêtements, un maillot de bain, une serviette et mon éternel paréo,
  • Le minimum côté trousse de toilette : des lingettes – parce que normalement il n’y a pas de douche, mais comme j’ai cru comprendre qu’il y en avait quand même par endroit, je prends mes feuilles de savon biodégradable – brosse à dents, dentifrice (et zut ! Je viens de démarrer un nouveau tube), deo, crème…
  • Les petits à côté : allumettes, pastilles pour traiter l’eau, bandeau, bonnet, appareil photos, livre électronique, pansements…
  • Les gros à côté : c’est le problème,  quand je laisse ma voiture sur un parking, je ne veux pas laisser ce qui a de la valeur dedans. Donc, j’emmène avec moi ma tablette et mon téléphone. Ça, c’est du superflu qui pèse pas loin d’1kg.

Itinéraire : vous le découvrirez en lisant la suite, mais en raison des horaires des marées, la personne du DOC qui m’a aidée à planifier mon itinéraire m’a conseillée de démarrer par le nord, puis de revenir sur mes pas et de  rejoindre le sud.

Voilà pour l’organisation. Passons maintenant aux choses sérieuses. C’est parti pour 4 jours de marche !

Jour 1
Il est 9h et je monte dans le water taxi qui doit m’emmener à mon point de départ.
Je m’attends à une traversée directe, mais en fait, j’ai le droit (comme toutes les autres personnes à bord) à un tour détaillé de la côte : Big Apple Rock, les otaries, les oiseaux, les plages, … Je découvre le panorama de mes prochains jours. J’en prends déjà plein la vue.
Bon, ce n’est pas le tout, mais on approche des 11h et le bateau me dépose sur la plage de Totaranui.
Je repère le chemin, je lace mes chaussures, je charge mon sac sur mon dos et ‘en avant’ ! (comme ce n’est pas un match de rugby, j’ai le droit – désolée pour cette mauvaise blague)
J’avance vers le nord tout au long de la journée dans un décor qui oscille entre forêt tropicale – avec toujours, ces fougères arborescentes que je trouve magnifiques – et plages à la couleur jaune et à l’eau superbement bleue, qui donnent envie de se baigner.
Le bruit des oiseaux, le bruit de la mer. C’est tellement relaxant.
Un arrêt pique-nique dans un tel décor, ça n’a pas de prix.
Je suis surprise par ma vitesse, ou plutôt par ma lenteur. D’habitude, les temps de marche indiqués me semblent surévalués, mais aujourd’hui, j’avance comme un escargot.
Ah bah oui ! Mais je fais des pauses photos tous les 10 mètres et surtout, tel l’escargot, je porte ma maison sur mon dos.
Ceci dit, il est encore tôt quand j’arrive au camping et j’ai tout le loisir de choisir où planter ma tente.
Je prends même le temps d’une petite sieste, de lire mon livre, … que ça fait du bien.
Et ce soir pour le dîner,  c’est soupe en sachet et pâtes chinoises.
Je m’éloigne quelques instants pour aller vider l’eau des pâtes et quand je reviens, un weka, oiseau gourmand, voleur et qui ne vole pas (avec ses ailes), à tenté de me dérober ma soupe. Mais, eh eh, je l’avais terminée…

Bilan des la journée :
Camp de depart : Totaranui
Camp d’arrivée : Whariwharangi
Nombre de km : 10 km
Nombre d’heures de marche : 3h
Question existentielle : mais à quel moment ai-je décidé de ne pas prendre mes bâtons de marche, qui m’auraient aidé à me redresser malgré le poid du sac ?

Jour 2 :
Réveil matinal ou presque, car aujourd’hui, j’ai 2 challenges en perspective : une grosse journée de marche et arriver à temps à Awaroa pour passer à marée basse, seule possibilité pour traverser la baie. Sinon ? Eh bien, je reste bloquée et je suis obligée d’attendre la prochaine marée basse.
Petit déjeuner,  pliage de tente, et hop, 15mn d’avance sur le planning que je m’étais fixé.
Au premier campement que je croise, je papote avec une dame qui m’offre une tasse de thé et des myrtilles séchées pendant que sa fille prend son petit déjeuner. 20 minutes plus tard, je repars, avec toujours en tête l’horaire de la marée.
Les paysages sont toujours magnifiques. Du vert, du jaune, du bleu.
Je commence à prendre conscience qu’en bas de chaque descente il y a une plage à traverser et qu’au bout de chaque plage traversée, il y a… une côte qui ramène dans la forêt. C’est assez logique ceci dit.
Les sensations sont les mêmes qu’hier, toujours à l’écoute des oiseaux et du bruit des vagues ; au détour d’un sentier, une superbe vue qui surplombe une baie, puis une autre, puis une autre.
J’arrive à Awaroa et là… je peux traverser ! La marée est basse. Bon, ceci dit, le vrai créneau pour traverser c’est  1h30 avant et 2h00 après le point de marée basse. J’avais une bonne marge.
Petite hésitation sur un sentier, je choisis la première option qui se présente et les 2 allemands que je viens de croiser font demi-tour pour chercher l’option la plus courte. A l’arrivée, ils sont derrière, mais ils ont pris le temps de se poser…
Ce soir, j’installe ma tente dans un campement en bord de  plage.
Enfin, il n’est que 15h30, mais après une pause déjeuner avec les 2 allemands, je m’excuse, je finis de planter ma tente et je vais faire une sieste bien méritée.
Et ce soir pour le dîner,  c’est soupe en sachet et pâtes chinoises. (oui, oui, comme hier et comme demain).

Bilan des la journée :
Camp de depart : Whariwharangi
Camp d’arrivée : Onetahuti Bay
Nombre de km : 24 km
Nombre d’heures de marche : 7h15

Jour 3 :
Aujourd’hui, mon corps et mon cerveau ne se réveillent pas. Je démarre lentement ma journée, et ça tombe bien, parce que j’ai le temps.
Quand je me mets enfin en route, c’est encore une fois pour passer par une superbe forêt. Désolée, je ne peux pas vous faire partager les odeurs, mais c’est également un régal.
Excepté qu’au bout de quelques heures de marche, je me sens comme poursuivie par une odeur étrange. Quelque chose qui ne colle pas avec la nature environnante.
Une odeur que je connais, mais que je n’identifie pas…
Ah ça y est, je l’ai : c’est l’odeur de la banane qui commence à s’écraser dans mon sac.
Petite leçon pour plus tard : si tu emmènes des bananes avec toi en randonnée,  mets les dans une boîte assez rigide.
Je prends toujours autant de plaisir dans cette randonnée, mais aujourd’hui, il fait vraiment tres chaud et je sens que mon corps fatigue. Je regrette mes bâtons.
J’attends même 1h que la marée commence à descendre pour pouvoir passer par le chemin le plus court, alors qu’il existe un itinéraire ‘marée haute’ qui offre, a priori, quelques beaux points de vue.
J’arrive donc très tôt au camping.
Ça me laisse le temps, pour quelques baignades, étirements sur la plage, discussion avec un couple de français, et même… une bonne douche sur la plage. Je savais que c’était une bonne idée d’emmener mes feuilles de savon.
Le bonheur d’une douche, même froide… c’est un pur moment de bien-être.
Je ne vous détaille pas le menu de ce soir, vous le connaissez déjà.

Bilan des la journée :
Camp de depart : Onetahuti Bay
Camp d’arrivée : Anchorage
Nombre de km : 15 km
Nombre d’heures de marche : 4h30 (dont une heure d’attente)

Jour 4 :
Dernier jour. Ça donne des ailes. Mon sac et moi ne formons plus qu’un, je ne sens plus son poids.
Après avoir profité une dernière fois du paysage de la plage, je prends l’ascension de la seule vraie côte du parcours du jour. Facile…
Je croise le couple de français avec qui j’ai discuté la veille. De discussion en discussion, nous poursuivons le chemin ensemble.
Cela change beaucoup de choses de marcher à plusieurs. C’est entraînant,  on ne voit pas le temps passer. Mais en même temps, on prend moins conscience de tout ce qui nous entoure.
Mais je n’ai aucun regret, car c’était un moment vraiment sympa. Et ça m’a permis de trinquer à l’arrivée !
Quand je les quitte pour rejoindre ma voiture, j’ai l’impression de les connaître depuis toujours.

Bilan des la journée :
Camp de depart : Anchorage
Camp d’arrivée : Marahau
Nombre de km : 12,5 km
Nombre d’heures de marche : 3h30

Et voilà une belle randonnée qui se termine. Une première pour moi.
Si c’était à refaire ? Je signe, mais je prends mes bâtons !

2 réponses sur « ABEL TASMAN COAST TRACK (du 20/01/2016 au 23/01/2016) »

  1. PLANQUE Martine

    Morale : ne jamais partir en randonnée sans ses bâtons!
    Trop dure le portage du sac à dos et bravo pour la marche!
    Que de belles photos!!!
    Bonne continuation.
    Bisous

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  2. Ju

    C’est quoi cette journée de rando à 24 km !? Même en vélo je ne les fais pas.
    Tu pourras mettre une photo des feuilles de savon biodégradables qu’on voit à quoi ça ressemble?

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