ROTORUA  (le 13/01/2016)

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Changement de décor. J’arrive à Rotorua en début de soirée.
En voiture, je longe un grand parc d’où s’échappe une épaisse fumée à l’odeur de soufre. Toute la ville est remplie de cette odeur. Je plante ma tente dans un camping de la ville. Le temps de faire quelques courses, de cuisiner, la soirée passe très vite.
Demain matin, j’irai voir de plus près de quoi il s’agit.

‘Demain’ : direction le parc de Kuirau (celui aperçu du bord de la route hier).
Je déambule entre des trous d’eau bouillante, d’où s’échappe de la vapeur à l’odeur d’oeuf pourri, et des mud pools (sorte de piscines de boue bouillonnante).
J’arrive devant un petit lac où le paysage est surréaliste : une belle eau bleue, transparente, couverte de vapeur qui danse au gré du vent. Je m’arrête pour écouter l’histoire de Hinemoa et Tutanekai qu’un guide raconte à ses touristes *.

La région est couverte de phénomènes geothermiques et organisée pour que les touristes aient une présentation  de la culture maorie. Je choisis de visiter le village habité de Whakarewarewa.
Il a l’avantage de disposer de la vue sur le geyser Pohutu, tout en étant moins cher que Te Puia (le parc dans lequel se trouve le geyser).
Une visite guidée commence au moment où j’arrive. Elle serpente entre les différents centres d’intérêt du village, dont les piscines d’eau bouillante – celle un peu huileuse, qui approvisionne les bains du village, celle pour faire cuire les légumes et poissons, les fours à vapeur directement creusés dans le sol qui permettent de cuir, entre autres, les viandes, la vue sur le geyser qui crache une quantité d’eau impressionnante.
Je profite également du spectacle de danses traditionnelles, dont le fameux haka ; je m’arrête pour regarder un tatoueur tatouer le bras d’une femme**, un sculpteur sculpter avec son ciseau à bois…
Je suis subjuguée par la facilité avec laquelle il creuse les détails de son oeuvre.

Bien que très touristique, j’ai apprécié ce village où j’ai même pu manger du maïs cuit directement dans la piscine dédiée. Si si ! Il a été sorti devant moi ! Mais cela n’a rien d’exceptionnel, c’est compris dans le prix du billet que j’avais choisi.

Je décide de terminer ma journée sur cette note et de retourner au camping, pour profiter des bains chauds.
Mais le musée se trouve sur mon parcours et… je ne peux pas me résoudre à ne pas y aller.
Et comme j’aurais eu tort de ne pas y aller.

Le musée de Rotorua se trouve dans le batiment des thermes de la ville, qui lui ont permis de prospérer, mais qui ont été fermés suite à une éruption volcanique ayant fait ‘quelques morts’.
Au programme : visite des sous-sol des anciens thermes, de la terrasse qui donne une vue panoramique sur la ville et le lac, un film présentant l’histoire des thermes et leur destruction, une exposition concernant un bataillon maori venu combattre lors de la seconde guerre mondiale, une autre superbe exposition présentant la culture maorie et quelques histoires maories (dont celle entendue le matin même), et surtout une superbe exposition de photos de femmes et de leurs mokos, les tatouages maoris (photos datant de la fin des années 1960, début des années 1970).
Ah, j’allais oublier : il y a également une présentation de l’alphabet maori : 15 lettres, dont les 5 voyelles que nous utilisons également et 10 consonnes dont 2 n’existent pas en tant que telles dans notre alphabet : le ‘Wh’ et le ‘Ng’.

Je sors du musée à la fermeture et comme ici, rien ne ferme vraiment tard, j’ai encore le temps de plonger dans un bain chaud…

* Histoire (courte) de Hinemoa et Titanekai : une jeune fille (Hinemoa) et un jeune homme (Titanekai) se croisent lors d’une cérémonie officielle entre tribus. Ils tombent amoureux. Mais de tribus différentes,  ils n’ont pas le droit de se marier. La cérémonie terminée, chacun retourne dans son village, séparés par l’immense lac de Rotorua.
Titanekai se met alors à jouer de la flûte, espérant être entendu de Hinemoa.
Le vent portant la mélodie, Hinemoa l’entend. Malgré les tentatives des villageois pour l’empêcher de rejoindre Titanekai, Hinemoa traverse le lac.
Elle retrouve Titanekai et finalement, grâce aux efforts surhumains  qu’elle a déployés pour le rejoindre, ils obtiennent le droit de se marier.

**Le moko : ah ah ah… bien malins sont ceux qui se font tatouer des symboles maoris aujourd’hui.
Je les défis de le faire selon la méthode traditionnelle.
Voici le processus, en quelques mots :

  • Prenez un couteau, forgé dans un os de baleine,
  • Incisez suffisamment profondément la peau du visage (oui, parce que traditionnellement, c’est le visage que l’on tatoue chez les maoris) selon le motif à réaliser (qui représente une étape particulière de la vie de la personne tatouée),
  • Ajoutez les pigments dans les incisions,
  • Laissez cicatriser.
Alors, un volontaire ?
Les témoignages que j’ai pu lire au musée de Rotorua expliquent que c’est une expérience physique différente pour chacun, mais qu’il s’agit d’une initiation à endurer pour passer de l’innocence à la maturité, de l’ombre à la lumière.
Ils expriment la douleur de ce processus (la personne tatouée étant maintenue par une ou deux autres personnes pendant que le tatoueur incise), mais également la fierté de porter ces symboles d’appartenance à la culture maorie, dans laquelle le moko est un art sacré.

Et pour le moko, il y a aussi une histoire : Niwareka, arrière arrière arrière arrière petite fille de Papa (la terre – mère) et Rangi  (le ciel – père), épouse Mataora, un homme du monde de la lumière. Elle le quitte après qu’il l’ait battue et retourne dans sa famille.
Mataora la suit, mais il est intercepté par son beau-père, maître tatoueur, qui lui fait souffrir la douleur d’être tatoué par ses soins. Il est ainsi pardonné.
Son beau-père lui enseigne l’art du moko et lui offre un couteau.
Il peut alors rejoindre le monde de la lumière avec sa femme.

Et si jamais quelqu’un envisageait de me faire un cadeau, il y a un magnifique livre concernant les mokos. Il est malheureusement trop lourd pour que je l’achète…

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